Le monde de Francesca

Mes coups de coeur de tous les genres littéraires... et plus encore!

10 février 2008

  • La voleuse de livres, Markus Zusak
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    Présentation de l'éditeur

    Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question :

    - d'une fillette ;

    - des mots ;

    - d'un accordéoniste ;

    - d'Allemands fanatiques ;

    - d'un boxeur juif ;

    - de vols.

    Traduit en 20 langues, le best-seller 2007.

    Mon avis

    Il y a des livres qui peuvent amuser, distraire, faire penser à autre chose, puis intéresser, instruire, faire rire ou faire pleurer. Dans le pire des cas, ils peuvent même ennuyer, énerver, et ils ne sont jamais fini. Souvent, tous ceux-là sont néanmoins oubliés quelques jours ou quelques semaines au mieux, pour ne laisser qu’un vague souvenir ou un rappel de certaines scènes particulières. Mais les exemples les plus rares sont ceux qui restent gravés dans la mémoire, dont la force ne s’atténue pas bien après la lecture, et qui vous poursuit de longs moments durant, surtout au milieu de la nuit lorsqu’on y repense de manière incongrue pour ne plus se focaliser que sur lui. Ce roman fait partie de ces élus exceptionnels qui sont gardés chaudement et jalousement dans chaque bibliothèque, en attendant l’instant propice pour être rouvert.

    J’aurai pu vous faire un résumé plus détaillé de cet ouvrage. J’aurai pu mais je ne le ferai pas car le livre est aussi surprenant et original que la quatrième de couverture, et il est tellement déroutant que c’est à chaque lecteur de cheminer à travers le récit, de l’apprivoiser à sa manière, de prendre son rythme afin de savourer pleinement ce bijou. Bien sûr, le début peut déconcerter, voire être rédhibitoire. La structure n’est pas familière, le narrateur non plus. Il s’agit de la Mort en personne qui raconte cette histoire, et qui constitue une partie de son existence, ou devrais-je dire plutôt une tranche de son travail. A travers ce récit, la Mort devient étrangement plus compréhensible, plus sympathique… plus humaine à nos yeux, ce qui rend d’autant plus son œuvre douloureuse et pénible. Il faut dire qu’à cette époque, la Mort a été le principal protagoniste sur la scène internationale.

    L’époque où se déroule cette histoire est en effet la Seconde Guerre Mondiale, pendant laquelle des millions d’être humains ont péri, des deux côtés. Peu avant le déclenchement de ce cataclysme, une petite fille, Liesel, est envoyée dans une petite ville allemande chez des parents nourriciers. Lors du voyage, un premier drame la frappe et va la hanter toute son existence d’adolescente et va entraîner le premier vol de livres. Les livres constituent une pièce maîtresse dans l’existence de Liesel, et dans cet ouvrage. Ils expriment l’espoir, l’espoir d’apprendre, l’espoir de savoir, l’espoir de vivre, la liberté, l’évasion dans tous les sens du terme. Les livres peuvent être lus, construits, offerts, brûlés… ou volés mais ils symbolisent toujours un aspect positif pour Liesel. Les livres expriment un pouvoir, le pouvoir des mots, qui peut être si puissant qu’il peut soigner et donner du bonheur mais aussi endoctriner et conduire nombre de personnes à leur perte. Les livres, source de pouvoir, voilà le premier message, celui de fond, que cette histoire fait passer.

    La Seconde Guerre Mondiale, cet évènement qui hante les mémoires de tous, qui ne doit jamais être oublié, pour les atrocités qui ont été commises et la haine qui a suinté durant toutes ces années et qui ne s’est pas éteinte aujourd’hui. Si l’auteur s’est davantage penché sur les communistes et les Juifs, victimes désignées des nazis, il ne faut bien évidemment pas oublier tous les autres, tous les inconnus qui ont péri en Europe et ailleurs. La montée du nazisme, l’évolution du comportement de la population envers les Juifs, le courage de certains, la lâcheté d’autres, l’ouvrage Mein Kampf, tout est magistralement évoqué sans concession mais sans jugement cependant. Chacun agit selon son âme et conscience et chacun doit en supporter les responsabilités et les conséquences qui en découlent.

    La Mort nous conte donc cette histoire grâce à un carnet retrouvé sur un champ de ruines. Il s’agit donc d’un retour en arrière, la Mort devenant alors un personnage omniscient et qui connait l’évolution du récit. Il n’est donc pas étonnant que de subtils bonds en avant dans le temps soient effectués, nous laissant entrapercevoir ce qui va se passer, les drames qui vont émailler l’avenir de Liesel. La Mort fait également des retours en arrière ou des zooms sur quelques personnages, à la manière d’un arrêt sur image d’une vidéo, afin de nous donner quelques renseignements complémentaires pour la compréhension et la bonne marche du récit, chaque pièce supplémentaire du puzzle ayant été ajoutée dans cette construction complexe mais passionnante. D’ailleurs, la Mort n’indique jamais par avance les évènements positifs, répétant quelques fois que le bonheur sans nuages est pratiquement toujours annonciateur de malheurs plus importants. Elle donne ainsi un enseignement que tous devraient appliquer et que peu le font en réalité : saisir l’instant présent, savourer le moment de bonheur qui arrive car il peut être fugace et ne plus jamais revenir. Encore un message fort à assimiler.

    Cet ouvrage pourrait décontenancer, je le répète, mais l’émotion contenue et qui menace de déborder à tout moment n’est pas feinte. La force de cette histoire poignante est d’autant plus importante que l’on sait que le contexte est réel et que la vérité dépasse souvent la fiction et peut être encore pire que ce qui est décrit. Pour certaines personnes sensibles, dont moi je l’avoue sans honte, les larmes viennent facilement aux yeux et pas qu’une fois, jusqu’à l’épilogue où c’est le paroxysme de l’émotion et où la gorge nouée, les mouchoirs sont nécessairement à portée de main sous peine d’abîmer le livre. C’est triste, c’est dur, c’est bouleversant, et pourtant, il reste une infime étincelle d’espoir car le pire touche à sa fin une fois pour toutes. Lorsque des personnages sont tellement sympathiques, lorsqu’on les voit vivre au quotidien, lorsqu’on partage les évènements les plus insignifiants qui prennent pourtant une part importante dans leur vie, les petits bonheurs comme les gros chagrins, leurs réussites comme leurs échecs, l’attachement est systématique et durable, de sorte que l’on se sent forcément concerné par ce qui leur arrive.

    Ce livre a été considéré comme le Best Seller de l’an passé et c’est justifié tellement il marque les esprits et les cœurs de chaque personne qui l’a lu. Il a été comparé au Journal d’Anne Franck pour son thème et l’émotion qu’il transmet mais il reste néanmoins une fiction.  C’est une histoire dont on ne sort pas indemne mais qu’il faut connaître. Un moment rare inoubliable.

    La Voleuse de livres

    Dazzled par Francesca dans Livres - 8 Messages



  • Le secret de la stèle sacrée, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas
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    Présentation de l'éditeur

    Chab, Alqad, Quastremont : trois îles-continents coupées les unes des autres. Trois royaumes déchirés par une guerre déclenchée dans les temps anciens, quand les trois fils rivaux de l’empereur brisèrent la Stèle Sacrée.

    Tout commence le jour où un jeune naufragé échoue sur une plage de Chab. L’enfant, amnésique, est recueilli par Asgarp, le bourgmestre-inventeur, qui trouve dans cette rencontre un espoir de faire reculer la haine et l’ignorance qui règnent sur le monde. Le rescapé possède l’un des trois fragments de la mystérieuse et mythique Stèle Sacrée. Asgarp se lance dans une quête exaltante et périlleuse pour reconstituer la Stèle Sacrée et percer le fabuleux secret qu’elle recèle. Il est accompagné par trois compagnons : Irec, le roi-enfant de Quastremont, Xélon le géant évadé de Chab, Nitra l’étonnante grimpeuse des Falaises blanches, tous animés par le même désir de comprendre le monde pour le rendre meilleur. Ensemble, ils devront faire preuve de courage et d’astuce pour surmonter de redoutables pièges et résoudre d’innombrables énigmes.

    Mon avis

    Pour leur premier roman, Emmanuelle et Benoît de Saint-Chamas, plus connus pour leurs contes, ont écrit un livre étonnant, bourré de talent et d’originalité qui peut être apprécié autant par les jeunes adolescents que par les plus âgés. C’est un univers fantastique, vaste et développé de manière complète, précise et merveilleuse qui nous est raconté avec un vocabulaire élaboré et spécifique, des paysages venus d’ailleurs et des inventions à foison. D’ailleurs, le lecteur ne peut pas se situer sur l’échelle temps, et se laisse embarquer à bord d’une aventure extraordinaire sans appréhension.

    La quête de la Stèle Sacrée est une épopée qui se partage à plusieurs, une équipe soudée étant formée, surnommée le Faisceau, et constituée de plusieurs personnages qui diffèrent les uns des autres tant par leur âge, leur origine, leur caractère ou leurs compétences mais qui visent le même objectif. Tels les Chevaliers de la Table ronde ou la Communauté de l’Anneau, ces compagnons de voyage vont subir des épreuves de nature diverse, source de bonheur, d’amitié, d’amour, ou au contraire, de trahison, de découragement ou de colère. Mais les bonnes paroles d’Asgarp Anglemore ramènent tout ce petit monde sur le droit chemin, à l’aide de phrases ou d’expressions propres à susciter une réflexion quasi philosophique sur ce qu’ils subissent et notre propre existence. Les valeurs de courage, de loyauté, d’entraide, d’espoir sont autant de messages renvoyés par le récit à destination du jeune lecteur qui a la preuve vivante que chacun peut se surpasser pour atteindre le but qu’il s’est fixé, au prix d’efforts et de sacrifices. Les protagonistes de cette aventure sont attachants et éprouvent des sentiments simples mais ô combien universels, ce qui les rend d’autant plus sympathiques.

    Bonus supplémentaire, l’épilogue est tout à fait surprenant et original et renvoie le lecteur à de nouvelles interrogations sur l’histoire qu’il a parcourue. Alors, si vous êtes amateurs de chevauchées fantastiques et de péripéties  en tous genres, ce roman illustré par de magnifiques dessins vous entraînera au loin et vous dépaysera le temps de sa lecture, ce qui est l’objectif premier d’un livre à mon sens. Alors que demander de plus ?

    Le Secret de la Stèle Sacrée

    Dazzled par Francesca dans Livres jeunesse - 0 Messages

  • Le dahlia bleu, Nora Roberts
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    Présentation de l'éditeur

    Jeune veuve, Stella Rothchild revient à Memphis avec ses deux petits garçons. Engagée par Roz Harper qui veut réorganiser sa jardinerie de luxe, Stella tombe vite sous le charme de cette splendide propriété dans le plus pur style sudiste. Seule ombre au tableau : sa relation orageuse avec le paysagiste Logan Kitridge. Elle le juge désorganisé, il la prend pour une paperassière. Néanmoins, petit à petit, chacun admet la compétence de l'autre. Un respect mutuel fleurit, puis c'est l'amour qui éclot entre eux. Stella s'épanouit dans sa nouvelle vie. Mais, une nuit, elle entend chanter dans la chambre des enfants. Le fantôme de Harper House ne serait donc pas une légende ? Car comment expliquer cette voix douloureuse qui la met en garde contre le mystérieux dahlia bleu ?

    Mon avis

    Ce livre est le premier inédit de la nouvelle collection des éditions J’ai Lu qui publie désormais des romans en moyen format. Il est le premier tome de la série Le secret des fleurs dont les 2 derniers tomes seront publiés à l’automne prochain. Cette nouvelle trilogie de Nora Roberts met en scène 3 femmes de générations différentes mais qui ont une histoire personnelle et professionnelle commune et qui deviennent amies. C’est un ouvrage magnifique dans sa façon de croquer les personnages ainsi que l’univers qui les entoure qu’est le jardinage. L’histoire d’amour entre Stella et Logan est classique bien que décrite de façon émouvante et attendrissante comme sait le faire si bien Nora Roberts, l’intérêt principal se portant sur les personnages féminins au centre de l’histoire.

    Stella, l’héroïne de ce récit, est une trentenaire dont la vie s’est effondrée avec le décès de son mari. Ses deux fils en bas âge deviennent alors l’unique préoccupation de son existence et elle les fait passer avant toute priorité. Marquée par une enfance désordonnée après le divorce de ses parents et auprès de sa mère volage et peu affectueuse, elle veut absolument organiser et contrôler sa vie personnelle et professionnelle. Elle s’épanouit en tant que directrice dans le monde du jardinage et conjugue à merveille sa passion des fleurs avec la rigueur de son métier. Sa relation avec Logan est chaotique et passe de l’incompréhension au désir, puis à l’amour sincère et durable.

    Roz, qui sera le personnage principal du second tome, a la quarantaine et a été mariée deux fois. Elle a vécu une histoire similaire à celle de Stella puisqu’elle a perdu son premier mari alors qu’elle avait 3 jeunes fils. Son deuxième mariage a tourné court avec un homme qui la trompait et qui l’a escroquée. Femme de tête et de pouvoir, elle gère son entreprise de jardinerie d’une main de maître mais possède également un cœur d’or. Elle sait écouter, conseiller, aider et réconforter les gens qu’elle aime. Après son échec sentimental, elle décide de faire une croix sur sa vie amoureuse mais le destin en décidera autrement.

    Hayley est une lointaine cousine de Roz. Agée de 24 ans, elle est enceinte de 6 mois lorsqu’elle sollicite un emploi dans la jardinerie. Alors qu’elle s’est retrouvée seule après la défection du père de l’enfant, elle va trouver, en plus d’un travail, un cadre de vie chaleureux, de véritables amies qui vont l’aider à reprendre confiance en elle et à assumer son statut de mère célibataire, et peut-être l’amour…

    En plus de ces 3 femmes fortes, courageuses et attachantes, il existe un quatrième personnage féminin qui vient du passé et qui apparaît sous la forme d’un fantôme qui berce et protège les enfants d’une certaine façon. Liée à la famille ancestrale de Rosalind et à la maison, elle se manifeste la nuit auprès des enfants. Maternelle auprès d’eux, elle peut se révéler toutefois menaçante voire dangereuse lorsque leurs parents ne se comportent pas de la manière qu’elle souhaite. Elle se révèlera de plus en plus agressive au fur et à mesure de l’histoire, apportant une touche de surnaturel et d’angoisse dans l’ambiance calme et paisible de ce récit. La recherche de son histoire passée sert de fil rouge à la trilogie.

    Plus que les personnages, c’est véritablement le lieu dans lequel ils évoluent, en même temps que le lecteur, qui est passionnant. La jardinerie où travaillent tous les protagonistes est, avec la maison de Rosalind, la plaque tournante de l’histoire où se mêlent affrontements, amours naissant et témoignages d’amitié. C’est une explosion de couleurs et d’espèces de fleurs, d’arbustes et de plantes diverses. N’étant pas une spécialiste du jardinage, j’ai été malgré tout éblouie et enthousiasmée par toutes les descriptions botaniques et les détails afférents qui donnent presque envie de se précipiter dans la jardinerie la plus proche afin de mettre les mains dans la terre !

    Je pense que vous aurez compris que j’ai plus qu’aimer ce livre, Nora Roberts étant l’un de mes auteurs préférés en cela qu’elle réussit toujours à me transporter dans ses histoires et qu’elle m’a rarement déçue. Par conséquence, je suis à peu près certaine que les prochains livres seront tout aussi passionnants que celui-là et que je continuerai à en apprendre sur le jardinage !

    La trilogie des fleurs :

    Tome 1 : Le dahlia bleu
    Tome 2 : La rose noire
    Tome 3 : Le lys pourpre

    Le secret des fleurs, Tome 1 : Le dahlia bleu

    Dazzled par Francesca dans Livres - 6 Messages
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