Le monde de Francesca

Tout sur Twilight... et plus encore!

27 mars 2008

  • Spirit Lake, Sylvie Brien
  • Spirit_Lake

    Présentation de l’éditeur

    Québec, 13 mai 1915, Dans l’infirmerie ou camp de détention de Spirit Lake. Peter Gaganoyitch agonise sur un lit de camp. Il n’a que quatorze ans. Comment en est-il arrivé là ? Trois mois plus tôt, il débarquait au Canada, avec Iwan, son frère, et sa grand-mère adorée fuyant la guerre et l’Autriche-Hongrie. Ils pensaient atteindre un nouveau paradis... Comment un jeune garçon, interné au milieu d’un no man’s land de glace, utilise miraculeusement ses qualités humaines, son imagination. Et comprend que le bonheur se choisit chaque matin, au saut du lit, comme un vêtement. Un magnifique roman, une magistrale leçon de vie.

    Mon avis

    Qui connaissait l’existence de camps de détention au Québec pour les immigrés austro-hongrois lors de la Première Guerre Mondiale ? En tout cas, pas moi, qui tiens encore une fois une excellente d’occasion de m’instruire tout en passant un bon moment de lecture. Attention, ce n’est pas du tout un roman ennuyeux qui passe la majorité de ses pages à des descriptions aussi longues que sans intérêt. Il s’agit d’un vrai récit avec une intrigue cohérente et des personnages forts et attachants, chacun à leur manière. Mais l’aspect pédagogique prouve de manière définitive qu’on en apprend tous les jours grâce aux livres ! Ainsi, les Canadiens, alliés de l’empire britannique, considéraient tous les ressortissants de l’empire austro-hongrois comme des ennemis de la Couronne britannique, et devaient par conséquent être arrêtés et enfermés. Au-delà de l’intérêt historique, il s’agit avant tout d’une histoire poignante de deux frères qui doivent survivre dans un camp loin de leur famille et loin de leur pays.

    Peter est Ukrainien et a fui avec sa grand-mère Irène Zabalète et son frère ainé Iwan quelques jours après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, évènement déclencheur de la Première guerre mondiale. Tous trois se mettent en route clandestinement vers le Canada. Mais dès leur arrivée, le cauchemar a débuté avec l’arrestation des deux jeunes garçons, Peter étant pris pour un homme de 19 ans alors qu’il n’en a que 14. De plus, une révélation va lui être faite, brutale, et qui va remettre son identité en question. Commence alors dans la « ferme expérimentale » de Spirit Lake, qui est en fait un véritable camp de détention pour hommes célibataires, une existence faite de coups et de brimades de la part des soldats gardiens, de repas frugaux, d’air glacial et de lits miteux. Cela ne change pas vraiment du confort précaire auquel Peter était habitué depuis son périple d’Ukraine mais les conditions de vie sont rudes et Peter sera bientôt séparé d’Iwan.

    Le récit se partage entre l’alitement de Peter dans le camp de Spirit Lake en mai 1915, et un flash-back 3 mois plus tôt, lors de leur arrivée au Canada en février, rendant le propos plus dramatique et la tension plus palpable que si le récit était tout à fait linéaire, puisque le lecteur a déjà un aperçu de la tragédie qui va se jouer. Au fur et à mesure que les jours, puis les semaines et les mois s’égrènent, on s’approche du moment fatidique qu’est le présent et on se surprend à retenir son souffle dans l’attente du basculement de la vie difficile mais routinière que Peter s’est forgée. En effet, même avec des conditions peu favorables peut se dégager un semblant d’existence faite d’habitudes, de maigres satisfactions, et même de brefs moments de bonne humeur.

    L’épilogue, surprenant et triste, met en lumière le peu de souvenirs qu’ont les Québécois sur leur histoire, les camps de détention ayant été rayés du territoire et de l’Histoire. Un grand merci alors à Sylvie Brien, l’auteur de cette histoire touchante, de faire un rappel bien utile à la mémoire de chacun, enfant, adolescents ou jeunes adultes.

    Spirit Lake

    Dazzled par Francesca dans Livres jeunesse à 21:48 - 0 Messages

  • Le costume du mort, Joe Hill
  • Le_costume_du_mort

    Présentation de l’éditeur

    On ne collectionne pas sans péril des reliques toutes plus étranges les unes que les autres. C’est ce que va apprendre Jude en achetant le dernier costume d’un mort. Soudain, au pied de son lit, derrière une porte, à ses côtés en voiture, grimaçant et assoiffé de vengeance, apparaît l’ancien propriétaire de l’habit. Quelle histoire terrible de son passé cherche-t-il à lui faire payer ? Aux frontières de la folie, une fuite éperdue commence, enchaînant des moments de pure terreur et d’intenses frissons pour le lecteur.

    Mon avis

    Ce thriller haletant mêle avec bonheur une pointe de fantastique qui fait froid dans le dos. Imaginez le contexte : un homme qui collectionne des antiquités concernant de près ou de loin des tueurs en série, des condamnés à mort ou des sorcières, devient le propriétaire d’un costume qui abriterait soi-disant un fantôme. Sauf que ce n’est pas une plaisanterie mais bien la réalité. Et le fantôme est tout sauf discret ou cordial. Bien au contraire, il est animé d’une rage meurtrière et va mener les protagonistes de l’histoire au bout de la folie.

    Jude est un rocker de la vieille époque. Leader d’un groupe adulé par ses fans, il a usé et abusé de la célèbre expression « sexe, drogue et rock’n roll ». Âgé d’une cinquantaine d’années, et calmé par la mort de 2 des membres du groupe, il a seulement conservé ses passions excessives pour les femmes, jeunes, gothiques et un peu paumées de préférence. C’est ainsi qu’il mène sa vie avec une succession de jeunes groupies, qu’il nomme par l’Etat des Etats-Unis dont elles sont originaires et qu’il largue au bout de quelques mois. Cette existence indolente, entrecoupée de la sortie de quelques compositions en solo, est brutalement remise en cause par l’apparition de ce fantôme qui semble avoir des comptes à régler avec Jude. Le passé de Jude, qui s’appelait Justin et qui vivait sous la coupe d’un père violent et d’une mère soumise, ressurgit et le met en position de faiblesse.

    Marybeth, alias Georgia pour Jude, est la compagne du moment du rocker. Ancienne toxicomane, ancienne stripteaseuse, elle ne paie pas de mine au premier abord mais se révèle une partenaire courageuse et profondément attachée à celui qu’elle aime, même si elle sait bien que cet amour n’est pas réciproque et qu’elle accepte d’être traitée comme les autres filles qui sont passés dans la vie et le lit de Jude bien avant elles. Les souvenirs de son adolescence reviennent à la surface pour elle aussi, révélant un passé douloureux et explicatif de la situation présente.

    Ce road movie littéraire à travers tout le pays force les 2 personnages principaux à se confronter à leur passé respectif avec leur passage dans les lieux de leur enfance, pleine de tragédie et de douleur. Eux qui ont dû fuir cette vie afin de se libérer du carcan familial se retrouvent là où ils ne voulaient plus être précisément. C’est un périple haut en couleurs, ponctué par les multiples réapparitions du fantôme qui devient de plus en plus violent. Les passages où il est présent sont assez terrifiants, il faut le reconnaître, avec un spectre aux yeux barrés de rayures noirs et à l’odeur de putréfaction qui se dégage lorsqu’il sort lentement de la boite à costume… Certaines scènes font référence à quelques films d’épouvante à succès actuellement. Cela rend le récit particulièrement prenant et effrayant, comme si l’horreur et la folie s’étaient emparées non seulement de Jude et de Marybeth, mais également du lecteur. Les révélations s’enchaînent jusqu’à ce que les secrets gênants et tabous soient découverts, mettant en péril la survie de Jude et Marybeth. Le résultat de cette tension est qu’on ne peut pas lâcher ce livre tant qu’on ne connaît pas le dénouement de ce cauchemar vivant et réel.

    Très bon suspense surnaturel, le roman ravira les amateurs de sensations fortes et étranges !

    Le Costume du mort

    Dazzled par Francesca dans Livres policiers à 09:12 - 0 Messages
    « Accueil  1