Le monde de Francesca

Tout sur Twilight... et plus encore!

25 mai 2009

  • Que serais-je sans toi ?, Guillaume Musso
  • Que_serais_je_sans_toi

    Présentation de l'éditeur

    Gabrielle a deux hommes dans sa vie.
    L’un est son père, l’autre est son premier amour.
    L’un est un grand flic, l’autre est un célèbre voleur.
    Ils ont disparu depuis longtemps, laissant un vide immense dans son cœur.
    Le même jour, à la même heure, ils surgissent pour bouleverser sa vie.
    Ils se connaissent, ils se détestent, ils se sont lancé un défi mortel.
    Gabrielle refuse de choisir entre les deux,
    elle voudrait les préserver, les rapprocher, les aimer ensemble.
    Mais il y a des duels dont l’issue inéluctable est la mort.
    Sauf si…

    Des toits de Paris au soleil de San Francisco
    Un premier amour qui éclaire toute une vie
    Une histoire envoûtante, pleine de suspense et de féerie.

    Mon avis

    Guillaume Musso a toujours l'art d'écrire des histoires d'amour impossibles avec 2 êtres que tout sépare, sur fond d'ambiance fantastique. Même si ces éléments sont également présents dans son nouvel opus, la narration est suffisamment originale pour que le récit diffère des précédents de cet auteur.

    Gabrielle et Martin s'aiment à San Francisco mais elle ne l'a pas rejoint quand il le lui a demandé. Des années plus tard, Martin, devenu flic en France, part sur les traces d'Archibald, un insaisissable voleur d'œuvres d'art. Il ignore alors que cette traque va l'emmener à revoir celle qu'il n'a jamais oubliée.

    Pour les amateurs de Guillaume Musso, la trame est la même avec un rythme d'action rapide, des phrases courtes et une réflexion sur la vie, la mort et l'amour... Ça pourrait être très sirupeux et devenir très vite lassant, mais, une fois n'est pas coutume, l'histoire d'amour n'est pas le thème exclusif dans ce roman, le face à face entre Archibald et Martin tient une place importante, sinon centrale. La tonalité est donc davantage concentrée sur l'action plutôt que le sentiment amoureux durant une bonne partie de l'histoire, avec un suspense assez étonnant et divertissant, que l'on ne penserait pas retrouver dans un livre de cet auteur.

    Toutefois, la relation amoureuse reprend ses droits dans la deuxième partie du livre, ainsi que, plus ennuyeux, l'élément surnaturel qui est présent à chaque fois mais qui n'a pas beaucoup d'intérêt, surtout dans cette histoire. L'épilogue est donc un peu mièvre et le roman retombe dans le classicisme qui sied aux livres du genre représenté par Guillaume Musso ou Marc Lévy.

    Malgré les travers dans lesquels est retombé Guillaume Musso, on sent un potentiel inexploité qui, une fois développé, permettra à cet auteur talentueux de progresser et de passer à une étape supérieure.

    Que serais-je sans toi ?

    Dazzled par Francesca dans Livres à 21:49 - 12 Messages

    03 mai 2009

  • Japan Ai, Aimée Major Steinberger
  • Japan_Ai

    Présentation de l'éditeur

    En Japonais, AI signifie amour-et si vous aimez le Japon, préparez-vous à une plongée merveilleuse dans l’incroyable monde de la pop culture japonaise. Mais Japan Ai est avant tout un journal de voyage. Aux dessins s’ajoutent naturellement des légendes détaillées narrant les aventures qui ont fait de cette visite une géniale et mémorable expédition.

    S’agit-il d’une bande dessinée ? S’agit-il d’un carnet de voyage ? Est-ce un guide ? Oui oui et oui. Ce livre sera apprécié par tout type de lecteur. Bien sûr les amateurs de Japon et de mangas particulièrement, se réjouiront de connaître ou de reconnaître les destinations magiques que tout fan qui se respecte rêve de découvrir.

    Mon avis

    L'auteur, Aimée Major Steinberger, est une passionnée du Japon et une spécialiste des poupées japonaises articulées. Lorsqu'elle est invitée chez VOLKS, la plus grande entreprise japonaise de poupées, ce fut un rêve qui devient réalité pour elle, et elle en a profité pour faire un tour complet du pays qu'elle nous retrace dans cet album richement illustré.

    Pour tous ceux qui aiment le Japon et qui en rêvent, cet ouvrage est parfait pour découvrir un peu plus cette destination dépaysante et fascinante. A coups de dessins naïfs, tout en rondeurs et drôles, l'auteur qui est aussi la narratrice réussit à embarquer le lecteur dans son périple et à lui faire partager ses trouvailles, ses péripéties et son enthousiasme contagieux. Certains clichés sont passés en revue et parfois démantelés, certaines illusions se perdent, mais le livre baigne toujours dans la bonne humeur communicative de la part de cette américaine qui découvre une nouvelle culture et qui s'y adapte tant bien que mal mais avec le sourire.

    Une fois le livre refermé, le lecteur n'a plus qu'une envie : celle de faire sa valise et d'embarquer pour le Japon !

    L'avis de Lulu

    Japan Ai

    Dazzled par Francesca dans Livres à 16:58 - 4 Messages

    02 mars 2009

  • Mon journal intime, Lisa Azuelos
  • Mon_journal_intime

    Présentation de l'éditeur

    LOL ? Ça veut dire « Laughing Out Loud - mort de rire » en langage texto. C'est aussi comme ça que les amis de Lola, seize ans, l'appellent. Pourtant, le jour de sa rentrée au lycée, Lola n'a pas le coeur à rire. Arthur, son amoureux, l'a trompée pendant l'été. Et sa bande de potes a le don pour tout compliquer. Tout comme sa mère, Anne, l'architecte, qui depuis son divorce assume sa vie de célibataire avec trois enfants. Anne était le modèle absolu de Lola mais aujourd'hui le dialogue est devenu impossible. Non seulement parce qu'elle ignore ce que LOL signifie, mais aussi parce qu'Anne traite son ado comme une enfant en lui mentant sur l'essentiel, par exemple sur le fait qu'elle revoit leur père en douce ou qu'elle est séduite par un flic.

    A chacun ses secrets, Lola consigne soigneusement les siens dans le journal qu'elle nous livre ici et qui dessine le portrait drôle et tendre de l'adolescence.

    Mon avis

    Ecrit par la réalisatrice Lisa Azuelos, cet ouvrage est un véritable complément au film LOL qui est actuellement à l'affiche des cinémas et qui est en passe de devenir un joli succès générationnel. Car il s'agit bien du reflet d'une génération adolescente, accro au pétard, à la technologie et aux relations sur Internet. Facebook, MSN, portable, on se demande d'ailleurs comment Lola, la jeune héroïne du film et narratrice de ce journal, arrive encore à écrire dans un petit carnet.

    Lola, 15 ans, raconte sa relation avec sa mère, ses amis, et les garçons, avec un langage moderne et parfaitement adapté au monde de maintenant. L'absence de fautes d'orthographes et la construction parfaite des phrases pourrait faire tâche à la syntaxe plutôt abrégée des personnes habituées au langage SMS mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit quand même d'un livre édité et publié. Le journal intime retrace toute l'intrigue du film, avec moins de précisions toutefois et sans quelques situations comiques qui déclenchent l'hilarité en salles. Cependant, si le spectateur lit le livre après avoir vu le film, comme c'est mon cas, certaines pages rappellent de bons souvenirs du long métrage.

    Le livre est clairement destiné aux adolescents qui ont trouvé le film génial, au plus proche de leur vie, et dont ils pourront parler avec leurs amis en face à face réel ou virtuel.

    L'avis de Clarabel

    Mon Journal Intime

    PS : En voyant le film, je me suis sentie pour la première fois assez éloignée des préoccupations des héros (relevé de notes trimestriels, voyages scolaires dans les familles d'accueil...). Snif, je vieillis. :(

    Dazzled par Francesca dans Livres à 09:26 - 7 Messages

    09 février 2009

  • Striptease, Leigh Redhead
  • Striptease

    Présentation de l'éditeur

    NOM DE SCÈNE: VIVIEN.

    LA NUIT : STRIP-TEASEUSE.

    LE JOUR : DETECTIVE DEBUTANTE

    SIGNES PARTICULIERS: PERSPICACE, OBSTINÉE ET TERRIBLEMENT SEXY...

    Simone Kirsch rêve depuis toujours d'intégrer les forces de l'ordre. Elle est intelligente, vive et motivée, mais elle a un handicap majeur : elle gagne sa vie comme strip-teaseuse, ce qui ne l'aide pas à être prise au sérieux. En tant que détective privée, sa connaissance intime des milieux interlopes de Melbourne peut en revanche se révéler un atout, et, son diplôme fraîchement décroché, elle se retrouve rapidement en charge d'une première affaire: sa meilleure amie a disparu. Stripteaseuse également, Chloé est soupçonnée d'avoir assassiné son boss, et le frère de celui-ci menace de la tuer si Simone ne retrouve pas le vrai coupable. Infiltrer le Red Room, ce célèbre club où travaillait Chloé, ne pose aucun problème à notre héroïne sexy et intrépide, qui connaît les flics véreux de la ville sur le bout des doigts. C'est plutôt son cœur - ou une autre partie de son anatomie ? qui pourrait lui jouer des tours...

    Mon avis

    Ce premier roman est un énorme coup de cœur pour ce début d'année. Il a été écrit par une australienne qui a été elle-même stripteaseuse pendant 3 ans à Melbourne et qui connait donc parfaitement son sujet.

    Simone est une stripteaseuse qui a passé sa licence de détective privée et qui est mêlé à une sombre affaire de meurtre. Lorsque sa meilleure amie Chloé est enlevée par des malfrats qui sont de la famille de la victime et qui est persuadée que c'est elle la meurtrière, elle négocie de retrouver le véritable assassin en échange de la libération de Chloé. Et la voici engagée dans un nouveau club de striptease dans lequel elle rencontre un flic séduisant et un musicien tout aussi attirant.

    Simone est le personnage central du roman, d'autant plus que le récit est raconté à la première personne de son point de vue. On peut ainsi suivre ses ruminations, son humour cynique qui peut également s'exercer sur elle-même, ainsi que ses envies sexuelles. Simone se connait parfaitement et n'a aucune illusion sur elle-même. Le langage est très cru par moments, donc il n'est pas à mettre entre tous les mains, mais ce franc-parler correspond à la réalité et amuse. La face cachée du métier de stripteaseuse qui peut entrainer toutes sortes de fantasmes est en vérité plus glauque et misérable que ce qu'on pourrait penser. Les histoires d'alcool, de drogue et de solitude sont dépeintes sans concessions mais sans complaisance non plus. Au-delà de l'atmosphère sulfureuse due à la personnalité de l'héroïne, l'humour est étonnamment et heureusement omniprésent dans l'histoire, que ce soit au premier ou au deuxième degré, un peu vulgaire ou plus subtile, au détour d'une réflexion métaphorique de Simone ou d'une situation invraisemblable dans laquelle celle-ci se retrouve.

    L'intrigue mêle avec réussite suspense, investigations sur le terrain, et relations de Simone avec les autres, particulièrement avec les hommes, le tout dans un décor à la fois glamour et factice. Action, humour et sexe font rarement un bon mélange dans les romans, et pourtant, c'est le cas ici grâce au talent de l'auteur qui a une écriture décomplexée, franche et amusante qui traduit une bonne connaissance de ce qu'elle écrit et un humour ravageur. Un roman rafraichissant et irrésistible pour un nouvel auteur dont on n'a pas fini de parler.

    PS : Je le répète, ce livre est réservé à un public averti. ;)

    Striptease

    Dazzled par Francesca dans Livres à 10:50 - 2 Messages

    15 décembre 2008

  • Orgueil et préjugés, Jane Austen
  • Orgueil_et_prejuges

    Présentation de l’éditeur

    ”C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier, et si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsque il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins, qu’ils le considèrent sur le champs comme la propriété légitime de l’une ou l’autre leurs filles.”

    Mon avis

    L’un des romans les plus célèbres de Jane Austen est un hymne au romantisme pour toutes les passionnées de cet auteur mais il ne traite pas seulement d’amour. En effet, Jane Austen avait une perception lucide et cynique des mœurs de son époque et en particulier de la condition féminine qu’elle dépeint avec acuité et férocité sous des airs sages.

    Les cinq sœurs Bennet vivent tranquillement à la campagne avec leurs parents et leur mère se désespère de les voir mariées lorsqu’un nouveau voisin, Charles Bingley débarque avec sa sœur et son ami Darcy. Alors que Jane Bennet est immédiatement attirée par Charles, sa sœur Elizabeth ressent de l’antipathie pour Darcy qu’elle trouve suffisant et hautain.

    L’orgueil et les préjugés guident donc toutes les pensées et les actions de Darcy mais également d’Elizabeth dans toute l’histoire, depuis leur rencontre catastrophique et la phrase cruelle que Darcy dit d’Elizabeth. Leurs relations sont donc conflictuelles, empoisonnées par les convenances, la rigidité de Darcy qui contraste avec la fraicheur d’Elizabeth et le couple formé par Jane et Charles.

    Si les histoires d’amour constituent une bonne partie du récit, il s’agit également de l’histoire d’une jeune fille, Elizabeth, qui refuse de se plier aux convenances et souhaite se marier par amour plutôt que pour une histoire de dot ou de titre, au grand désespoir de sa mère. Elle est donc libre d’esprit en apparence mais finit quand même par rentrer dans le moule si l’on y réfléchit.

    Ce classique de la littérature est présenté dans une édition spéciale reliée avec une couverture soignée qui met en valeur toute la richesse et la beauté de cette œuvre et qu’il faut posséder et lire de manière indispensable.

    Orgueil et préjugés : Edition spéciale

    Dazzled par Francesca dans Livres à 09:37 - 36 Messages

    03 octobre 2008

  • L'étage le plus haut, Samuel Delage
  • L_etage_le_plus_haut

    Présentation de l’éditeur

    Rien ne présageait de l’incroyable rencontre qu’allait faire Paul Langlois ! Pourtant, son destin devait basculer… Entre Paris et New York, une course folle - à la recherche d’un passé surgissant de l’oubli - le conduira vers la découverte de lui-même. L’irréel joue parfois des tours, mais l’espoir et la volonté de vivre l’emportent toujours. Perdu entre amour et raison, quelqu’un saura le guider. Une histoire où les sentiments et le mystère se mélangent et entraînent le lecteur aux limites de son imagination.

    Mon avis

    Pour son premier roman, Samuel Delage marche sur les traces de Guillaume Musso ou Marc Lévy avec un roman dans le genre romantico-fantastique. L’effet de surprise n’est donc plus de mise mais le style est agréable à lire malgré certaines coquilles toujours étonnantes dans un ouvrage qui parait dans une maison d’édition de taille relativement importante.

    Paul Langlois, la trentaine rayonnante, est un homme d’affaires important qui réussit dans son travail et qui n’a pas l’amour dans ses priorités. Echaudé par une relation durable qui s’est mal terminée, il préfère ne pas s’engager. Lorsqu’il rencontre Alice, il hésite à prolonger cette relation mais le destin, ou plutôt Mr Smith en décide autrement. Paul se retrouve brusquement propulsé au 73ème étage du Trump World Tower et fait la connaissance de Mr Smith qui l’aide à se replonger dans le passé de son grand-père, mettant à jour des révélations étonnantes sur ses proches.

    Dans un récit finalement assez court, Samuel Delage arrive néanmoins à développer une intrigue suffisamment consistante pour passer un bon moment de lecture. La base de l’intrigue selon laquelle une intervention divine est présente pour remettre l’homme dans le droit chemin est assez perturbante sur le fond. Le temps qui passe trop rapidement et qui ne se rattrape pas, l’amour qui débarque brusquement et qu’on n’assume pas mais qui risque de disparaitre au moment où on en prend conscience, le refus d’accepter sa solitude, sont d’autant de thèmes qui ont été traités assez souvent ces dernières années et qui n’apportent pas d’originalité malheureusement. Certains clichés pèsent sur l’histoire avec des détails inutiles sur les signes extérieurs de richesse et de confiance en soi qui cachent une vulnérabilité intérieure. Mais le potentiel d’écriture est là et c’est ce qui compte le plus. L’émotion ressentie par les deux personnages principaux n’est pas feinte et leur amour est sincère, perturbé par les obstacles dressés entre eux par la vie.

    Des coquilles se sont glissées dans le texte, avec quelques fautes ici et là ou à la page 27 où  tout un paragraphe est mis 2 fois à la suite : erreur ou copie volontaire ? C’est dommage puisque cela coupe le lecteur dans son élan et l’oblige à être un peu plus attentif à la typographie au lieu de se concentrer pleinement dans le récit.

    Ce livre marque au final les débuts encourageant pour ce nouvel auteur qui ne peut que s’améliorer par la suite.

    L'étage le plus haut

    Dazzled par Francesca dans Livres à 09:07 - 4 Messages

    28 septembre 2008

  • La gitane et le vent, Jacky Blandeau
  • La_gitane_et_le_vent

    Présentation de l’éditeur

    Lorsque Lucien s’installe dans le joli village pyrénéen de Saulniac, il espère y trouver le calme et la douceur de vivre. Le jeune écrivain s’insère sans difficulté dans la petite communauté d’anciens, jusqu’à sa rencontre fortuite aux abords du lac, avec un être aux allures surnaturelles…
    La croix qui surplombe le lac, l’insaisissable gitane, la mort de Lucienne, la tenancière du café qui était à deux doigts de révéler au jeune homme le terrible secret que tout le village semble vouloir étouffer…

    Jacky Blandeau pose les fondations d’un joli roman qui saura contenter les lecteurs de La croix de Loubrac et déclencher l’engouement des autres.
    Si les thèmes abordés sont graves, la plume de l’auteur leur offre une agréable légèreté et le sceau d’un talent romanesque accompli.

    Mon avis

    Un gros coup de cœur pour ce livre publié par un éditeur indépendant par un auteur qui gagne vraiment à être connu de tous, en plus d’être un homme vraiment très sympathique et chaleureux ! Pour ce roman contemporain de la littérature française, Jacky Blandeau entraine le lecteur dans les Pyrénées, en particulier dans un petit village aux abords froids et mystérieux qui abritent des habitants taciturnes et de lourds secrets du passé.

    Lucien, qui veut vivre de son écriture, s’installe dans une demeure à Saulniac, héritée de la famille lointaine. Il y aperçoit un jour une jeune naïade qui se baigne dans le lac et est aussitôt attiré par cette étrange et fuyante femme. Il est alors entrainé dans une histoire dramatique et passée où se mêlent réalité et imagination.

    La narration est à la première personne, du point de vue de Julien, le personnage principal de ce récit. Alors qu’habituellement les descriptions à rallonge et les réflexions métaphysiques sont difficiles à digérer dans certains romans français, Jacky Blandeau a réussi à captiver le lecteur avec les magnifiques paysages pyrénéens, sans lourdeur ni prétention, mais au contraire avec une fluidité d’écriture qui coule agréablement comme un ruisseau tranquille. Le contexte, digne de Manon des sources, réunit un jeune homme charmant, naïf et idéaliste, nouvellement arrivé dans le village de Saulniac, et une femme ravissante et mystérieuse, vivant à l’écart de la civilisation. Mais bien vite, cette impression de charme bucolique disparait pour laisser place à une ambiance pesante et lourde de souvenirs du passé.

    Julien est le propre héros de son histoire et a tout fait pour y arriver. D’un tempérament rêveur et contemplatif, il a sa propre vision de ce qui l’entoure et vit dans son monde, alimentant son imagination déjà fiévreuse par des réflexions de plus en plus délirantes qui bâtissent une réalité déformée. Ainsi, il appelle son amante, tantôt par son prénom Claire, tantôt la gitane, comme s’il n’était pas impliqué dans cette histoire dont il est un des acteurs principaux, et qu’il prenait plutôt le parti d’un observateur externe ayant un regard détaché sur ce qui se passe sous ses yeux, comme un véritable romancier devant son récit. Cette prise de distance mêlée à la présence du « je » est troublante et remarquablement maitrisé par Jacky Blandeau. Julien est attendrissant et sympathique aux yeux du lecteur qui redoute une prise de conscience trop brutale qui le ferait tomber de haut, la chute n’en étant que plus rude.

    L’ouvrage sombre donc peu à peu dans une angoisse, sans qu’il ne soit question d’intrigue policière, ni quoique ce soit de ce genre, même si Jacky Blandeau arrive à insérer des passages d’un suspense insoutenable et assez étonnant.

    Le dénouement est propice à toutes les explications mais laisse également une porte ouverte un peu frustrante qui n’appelle qu’à une suite, dont il me tarde à lire si jamais elle se présentait un jour ! Encore bravo et merci à Jacky Blandeau d’avoir fait partager un récit plein de poétisme et de rêve, à travers les superbes décors des Pyrénées !

    Le site de Jacky Blandeau

    La Gitane et le Vent

    Dazzled par Francesca dans Livres à 18:42 - 2 Messages

    23 septembre 2008

  • Un nouveau départ, Dorothy Koomson
  • Un_nouveau_depart

    Présentation de l’éditeur

    Après deux ans passés en Australie, Kendra Tamale rentre à Londres avec une seule idée en tête : repartir de zéro et tourner enfin la page sur son passé douloureux.
    A la recherche d’un appartement, elle tombe sur l’annonce de Kyle, père séparé de jumeaux de six ans qui loue un studio dans sa maison. Pour Kendra, c’est l’idéal : pas d’attaches, pas de relations de voisinage, elle pourra enfin mener la vie paisible et solitaire dont elle rêve.
    Mais Summer et Jaxon, les jumeaux, en ont décidé autrement. D’emblée, ils adoptent Kendra qui devient, bien malgré elle, un nouveau membre de la famille.
    Mais comment trouver sa place entre un père qui n’arrive pas à faire le deuil de son couple, une mère qui a renoncé à s’occuper de ses enfants pour se perdre dans l’alcool, et surtout face à deux bambins en mal d’affection ? Et comment s’improviser mère quand on a soi-même perdu tout espoir et toute confiance ?

    Avis de Trinity

    Après la réussite de son premier roman paru en français, La fille de ma meilleure amie, Dorothy Koomson récidive avec ce livre qui reprend tous ses thèmes de prédilection : l’amitié, la relation avec les enfants, la remise en question après une épreuve douloureuse. Sans oublier que les héroïnes de cet auteur sont noires, un fait malheureusement trop rare pour devoir le signaler dans une chronique. Toutefois, ce semblant d’originalité n’est qu’un détail mineur qui n’a aucune prise dans cette histoire.

    Après un épisode douloureux, Kendra revient d’Australie pour Londres, qu’elle avait quitté également après un traumatisme. Elle loue un studio appartenant à Kyle, un père séparé de sa femme et qui doit élever seul ses 2 enfants, des jumeaux de 6 ans prénommés Summer et Jaxon. Alors que Kyle est débordé, Summer pique des colères violentes et Jaxon se replie sur lui-même. Chacun à leur manière réagit au choc de leur existence, et c’est tout doucement et simplement que Kendra entre dans la vie de cette famille déchirée et en devient un membre important. Les relations avec les enfants sont débordantes de tendresse et d’amour et l’aspect romantique qui pourrait se développer entre Kyle et Kendra ne laisse place qu’à de l’amitié sincère et profonde bien que les sentiments sont dans le domaine du possible.

    L’histoire parle de reconstruction, comme le souligne si joliment le titre choisi en français et l’émotion, qui peut être parfois triste ou grave, affleure sans cesse à travers les pages. La légèreté n’en est pas totalement absente toutefois, le récit étant découpé en de nombreuses petites parties intitulées par des noms de gourmandises ou de plats, référence au titre anglais Marshmallows for breakfast, et les moments de joie et d’espoir sont disséminés un peu partout dans l’ouvrage.

    La narration à la première personne souligne les différentes émotions que pourrait ressentir Kendra avec une sensibilité exacerbée, mais Dorothy Koomson a malgré tout l’intelligence de placer certains passages d’un point de vue extérieur, en l’occurrence celui de Kyle, afin d’avoir un aperçu différent, ce qui n’est que justice puisque c’est autant l’histoire de Kyle que de Kendra qui sont tous deux des écorchés vifs et qui n’osent pas extérioriser leurs émotions. Le manichéisme n’est pas de mise, chacun peut faire des erreurs, le tout étant de le reconnaitre, de l’accepter et de tenter de réparer ce qui a été brisé, que ce soit envers les autres ou soi-même.

    L’épilogue, également tout en nuances, laisse la porte ouverte à toutes les possibilités, et permet au lecteur d’imaginer lui-même ce qu’il adviendra par la suite.

    Un nouveau départ

    Dazzled par Francesca dans Livres à 09:54 - 0 Messages

    19 septembre 2008

  • Jane Austen et moi, Emma Campbell Webster
  • Jane_Austen_et_moi

    Présentation de l’éditeur

    "Votre nom : Elizabeth Bennett.
    Votre mission : Faire un mariage d’amour.
    Comment ? C’est à vous de voir !"

    Jane Austen et moi est un livre dont vous êtes l’héroïne.

    Le voyage commence dans Orgueil et préjugés, mais bascule rapidement dans une aventure imaginaire de Jane Austen, qui est la création du lecteur.

    Une série de choix conduit le lecteur dans les intrigues et les amours tirées des livres de Jane Austen.

    Mon avis

    Ce livre est un vrai OVNI dans la littérature d’aujourd’hui. Conçu comme un véritable jeu de rôles, il s’appuie sur les règles des ouvrages Un livre dont vous êtes le héros. Pour ceux et celles qui ont été friands de ce genre de lecture, c’est un véritable délice de pouvoir combiner les récits de Jane Austen avec une lecture aléatoire et un semblant de contrôle dans l’évolution du récit. Pour les autres qui ne connaissent pas encore ce genre si particulier, le livre a simplifié les règles à l’extrême, il n’y a pas de connaissances spécifiques à avoir, juste de suivre les instructions qui sont données à chaque fin de séquence. Pas besoin non plus de se munir de dés ou de papier, à moins de vouloir jouer de manière stricte, car les points acquis ne sont pas vraiment nécessaires pour le bon déroulement de la partie.

    Le lecteur, ou plutôt la lectrice, se retrouve donc dans la peau d’Elizabeth Bennett, l’héroïne d’Orgueil et préjugés, et sa mission est de faire un mariage qui allie fortune et amour, comme le souhaitent si ardemment toutes les mères de famille de l’époque. Si la trame principale reprend le livre original de Jane Austen, les détours que l’on peut faire conduisent à d’autres romans aussi connus de cet auteur, tels Emma, Raisons et sentiments, Northanger Abbey, Mansfield Park ou encore Persuasion, où l’intrigue et surtout le héros de chacune de ces histoires interviennent à une étape donnée du parcours.

    Pour les lecteurs qui connaissent déjà ces romans et donc l’évolution du récit, il est assez aisé de savoir quelles décisions prendre pour atteindre l’objectif de la mission, à savoir épouser Darcy. Cependant, Emma Campbell Webster, l’auteur de ce livre, a pris un malin plaisir à distiller des questions sur les mœurs et coutumes de l’époque, ceci afin d’ajouter un peu d’amusement et de culture générale. De plus, il est évident qu’il faille prendre du plaisir à se perdre dans les méandres de l’ouvrage afin de pleinement savourer ses multiples facettes, lire avec ébahissement qu’Elizabeth Bennett a connu le capitaine Wentworth (uniquement dans ce livre je vous rassure) et apprécier l’humour ironique de l’auteur ainsi que les illustrations facétieuses si reconnaissables du style de Pénélope Bagieu, le phénomène du moment.

    Autant vous prévenir, malgré cette errance si délicieuse et l’envie de lire toutes les pages que contiennent l’ouvrage, même si c’est dans le désordre le plus total, la progression est totalement maitrisée et il est difficile de se tromper de chemin pour atteindre le but final, si ce n’est pour arriver très rapidement à un échec ou à un retour en arrière parfois déconcertant (l’indication de pages est quelques fois absente ou hasardeuse, obligeant le lecteur à rebrousser chemin).

    Ce livre est donc moins un véritable jeu dont vous êtes l’héroïne, même si c’est une idée très originale et astucieuse qu’a eu l’auteur, qu’un agréable divertissement permettant de se plonger ou de se replonger dans les romans de Jane Austen et peut-être de donner envie aux lecteurs de lire ou relire les récits originaux de cet excellent auteur classique.

    Jane Austen et Moi. Devenez une Heroine de Jane Austen

    Dazzled par Francesca dans Livres à 09:44 - 7 Messages

    12 septembre 2008

  • La malédiction de Tévennec, Pascal Martin
  • La_malediction_de_Tevennec

    Présentation de l’éditeur

    Une épave, des lingots d’or, un mystérieux calepin. Saint-Sauveur, l’émissaire de l’organisation secrète l’Œuvre, part en Bretagne pour une mission des plus ardues...

    Ce fabuleux trésor de lingots d’or ne serait-il pas pure fiction ? Il y a trois siècles, un richissime esclavagiste nantais, Morandais Le Quéffelec, aurait usé d’un stratagème insensé pour sauver sa fortune. Et pourtant, du sang colle aux pas de Saint-Sauveur. Circonspect au début, il prend conscience du dramatique tournant de son enquête : trois personnes liées au mystère de l’épave de la Marie-Océane ont été victimes d’accidents fâcheux. Si fâcheux qu’elles y ont trouvé la mort...

    Ce roman est à lire pour tous les fondus de suspense et de polar déjanté ! Tout y est : des personnages charismatiques, une ambiance brumeuse à souhait, des dialogues mordants qui distillent comme il se doit le mystère au compte-gouttes.

    Mon avis

    Ce quatrième tome nous ramène à certains éléments déjà évoqués dans les ouvrages précédents, tout en réservant néanmoins quelques surprises. Alors que les 3 premiers romans pouvaient se lire de manière indépendante, celui-ci fait le lien entre tous et doit donc être lu après les autres.

    Le lecteur retrouve avec plaisir Saint-Sauveur, le premier des Coureurs de la nuit qu’il avait rencontré dans Le Trésor de Magounia, sur une terre là-aussi bien connue, puisqu’il s’agit de la Bretagne, qui servait de décor pour Le Bonsaï de Brocéliande. Certains personnages secondaires font également leur réapparition pour l’occasion comme l’inspecteur Le Meur ou encore Rougerie, l’assistant de Vidocq. Toutefois, seules quelques références sont faites au passé de ces protagonistes, le livre s’attachant davantage à l’intrigue mettant en lumière une nouvelle fois un trésor mystérieux.

    Alors qu’il était au Laos, Saint-Sauveur se rend à Lorient sur ordre de Foch pour rencontrer un pêcheur, Villepreux, qui lui parle d’une étrange affaire de naufrage d’un bateau renfermant des lingots d’or… Alors que Saint-Sauveur mène l’enquête, Villepreux est assassiné. Parallèlement à cette affaire, le récit se concentre également sur une histoire au Cambodge dans le milieu des années 1970, au temps des Khmers rouges. L’alternance entre les deux histoires est déconcertante, d’autant qu’il n’y a apparemment aucun lien entre Phnom Penh et la Bretagne, mais les enchevêtrements ne sont pas aussi simples bien entendu, et le flou s’éclaircit au fil de l’ouvrage.

    Pascal Martin entraîne donc le lecteur dans une véritable chasse au trésor à travers les terres bretonnes, et maintient l’intrigue avec un bon rythme, des rebondissements et la rencontre de personnages tous aussi excentriques et intéressants les uns et les autres. L’histoire sur le passé de Saint-Sauveur n’est pas le sujet du roman, bien qu’on aurait aimé en savoir un peu plus ou tout du moins, que le héros continue ses investigations.

    Même si les références aux asiatiques sont encore présentes, reflétant une insistance curieuse à cet égard, on prend vraiment du plaisir à lire les aventures des Coureurs de la nuit, sans qu’il n’y ait de répétitions ou de longueurs.

    La malédiction des Tévennec

    Dazzled par Francesca dans Livres à 10:44 - 0 Messages
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