30 août 2009

Présentation de l'éditeur
L'atmosphère est devenue irrespirable pour les étudiants depuis que celui que les médias ont surnommé le "Boucher de Cambridge" s'acharne sur leurs petits camarades. Désormais, il ne s'agit plus pour eux de survivre au stress des examens mais de survivre tout court... Le psychiatre Matthew Denison est quant à lui persuadé que sa patiente, la jeune Olivia Corscadden, connaît l'identité du tueur mais que suite à un choc traumatique - sa compagne de chambrée se serait faite éviscérer sous ses yeux - l'information est restée "verrouillée" dans sa mémoire. Qui peut bien jouer ainsi à "Petites décapitations entre amis" ? Un étudiant qui aurait basculé dans la folie ? Un professeur pervers ? Un étranger de passage ? A Matthew de trouver le moyen de faire ressurgir les souvenirs ensevelis dans le subconscient d'Olivia avant que le Boucher ne sévisse à nouveau...
Mon avis
Ce thriller ne ressemble à aucun autre tant par la narration de l'intrigue, les personnalités des personnages et les rebondissements qui se construisent à travers des thèmes classiques du polar.
Un tueur en série sévit dans la prestigieuse université de Cambridge, obligeant les policiers à enquêter sur le campus et à interroger les étudiants, pour la plupart issus de familles très aisées. Lorsque Stephen Weathers, en charge de l'affaire, demande de l'aide à son ami psychologue Matthew Denison, celui-ci accepte et entame une thérapie avec Olivia, une jeune étudiante témoin du dernier meurtre en date, mais dont la catatonie et l'amnésie cachent des vérités insoupçonnées...
Le roman est entièrement construit avec une alternance de présent et de passé, à l'aide de flash backs imprimés avec une police de caractères différente mais suffisamment proche pour que le lecteur soit un peu dérouté au départ, d'autant qu'il n'y a aucun indicateur de date ou de délai de temps. Mais l'adaptation se fait rapidement, et il passe avec étonnement entre l'explication de tous les évènements passés et la situation actuelle. Les souvenirs de chacun des témoins interrogés sont également inclus dans ce cadre, ce qui donne une impression de gigantesque puzzle dans lequel chacun tente de faire avancer le problème et de le résoudre.
Certains thèmes abordés, comme le dédoublement de personnalité, l'enfance violente et malheureuse, les différences de classe sociale entre étudiants aisés et boursiers, sont assez classiques dans les romans policiers ou même les romans de littérature générale, mais ils sont abordés ici avec une originalité due à des retournements de situation très surprenants, que l'on arrive à comprendre que petit à petit, par la seule volonté de l'auteur à instiller malicieusement des indices à des endroits judicieux. Ainsi, Weathers, Denison et le lecteur tombent dans chaque piège que l'auteur tend et c'est assez jubilatoire de passer de la confusion à la compréhension, en ne pouvant que saluer le talent de l'écrivaine pour balader tout son petit monde de manipulations en mensonges. Au final, aucun suspect n'est entièrement innocent et le monde étudiant en prend pour son grade.
Le final est époustouflant et totalement inattendu, tranchant totalement avec les épilogues convenus de la grande majorité des thrillers ou les affaires sont résolues, les coupables en prison ou décédés et le happy end de rigueur. Un roman original, étonnant et réussi, à découvrir absolument.
26 août 2009

Présentation de l'éditeur
En cet été 1888, Clémence se réjouit de retrouver à Pont-Aven ses amis peintres et son maître Paul Gauguin. Mais son bonheur est de courte durée : le manoir familial est la cible d'un cambriolage à l'issue duquel un valet de ferme trouve la mort tandis qu'Hélène, confondue avec une des filles Rosmadec, est enlevée. Les habitants de La Josselière sont désemparés, et la maréchaussée locale, vite dépassée par les événements. Seules Clémence et sa redoutable grand-mère gardent la tête froide pour mener l'enquête. Abandonnant pour un temps ses pinceaux, opiniâtre et futée en diable, Clémence entame une chasse à l'homme qui l'entraînera de Pont-Aven à Douarnenez, de Morlaix à Etretat sur les traces de Maupassant, de Corot, Degas et Courbet. Le temps presse. Le sort de la jeune fille est entre ses mains...
Mon avis
2 ans après les premières enquêtes de Clémence de Rosmadec, Eté meurtrier à Pont Aven et La noyée des Invalides, nous retrouvons enfin avec plaisir cette jeune héroïne, belle, intelligente et très libérée malgré les coutumes de l'époque. Cela tient à sa famille composée de certains membres excentriques, et d'autres carrément bigots, mais tous sont unis dans un profond amour.
Dans cette troisième aventure, Clémence retourne comme chaque été à Pont-Aven, dans la demeure familiale, et retrouve ses amis peintres, dont le fidèle Paul Gauguin. Hélas, les deux prétendants à la jeune fille ne sont plus libres, et si Gildas, le marin, est toujours présent dans cette histoire, Erwan, l'étudiant en droit, est parti. Heureusement, un nouveau soupirant débarque, mais l'aspect sensuel ne prend plus autant de place dans le récit. A la place, nous nous régalons d'une solide enquête et de voyages à travers la Bretagne, pour le plus grand bonheur des amateurs de grands espaces, et Paris. Les personnages secondaires sont toujours aussi pittoresques et malgré le ton dramatique de l'intrigue première, avec la mort d'un domestique fidèle et l'enlèvement d'une fille de l'entourage de la famille, la légèreté est de rigueur et l'aisance de la lecture présente, ce qui rend très agréable la découverte de ce roman.
Après ce troisième tome réussi, on ne peut qu'espérer que Clémence de Rosmadec reviendra pour une prochaine aventure!
04 mai 2009

Présentation de l'éditeur
Paris, de nos jours. Un scénariste se défenestre du bureau de Cécilia Rhodes, une célèbre productrice. Chargé de l'enquête, le commissaire Milot ne croit pas à la thèse du suicide et établit un parallèle avec la mort de Lucie Drax, une autre jeune scénariste employée par Cécilia trente ans plus tôt. L'affaire semble étrangement liée à l'histoire personnelle de Milot. Autour de cette femme prête à tout pour parvenir à ses fins gravitent un assistant fou amoureux, un mari richissime et un scénariste raté qu'elle exploite. Des pantins qui ne tarderont pas à vouloir jouer leur propre rôle. Découvrant une femme impitoyable, le commissaire n'hésitera pas à faire saigner une ancienne et effroyable blessure : la cicatrice du diable.
Mon avis
Laurent Scalese fait partie de la nouvelle génération d'auteurs de romans policiers trentenaires qui ont été baignés dans la culture américaine et télévisuelle. Si certains comme Patrick Bauwen ou Maxime Chattam se sont orientés dans le plus pur style américain, Laurent Scalese a lui choisi la voie de la télévision pour laquelle il a notamment travaillé en tant que scénariste. Cette expérience l'a surement beaucoup aidé à construire l'intrigue de ce nouveau roman qui se passe dans le monde impitoyable de la production télévisuelle et cinématographique.
Cécilia Rhodes est une ambitieuse aux dents longues, une garce manipulatrice que tout le monde déteste mais craint, et plus particulièrement les hommes qu'elle prend plaisir à dominer. Lorsqu'un de ses employés se suicide dans son bureau, un policier, Artus Milot, commence à la traquer mais semble lui en vouloir pour des raisons personnelles. Au fil de l'histoire, coups de théâtre, tromperies, dominations se succèdent et le lecteur découvre, à la fois fasciné et horrifié, l'envers du décor pas forcément reluisant de la télévision.
Cécilia n'est pas une héroïne mais elle est le personnage principal de l'histoire, sur lequel se cristallisent toutes les rancœurs et les frustrations des personnes de son entourage qu'elle humilie en permanence. Derrière cette apparence glaciale se cachent certainement des failles, mais elle est habile pour les dissimuler ou en jouer. Elle possède une cicatrice au niveau de la poitrine qui fascine certains, et qui recèle une part de mystère concernant cette femme. De son côté, Artus est rongé par une vieille affaire qui semble lui tenir particulièrement à cœur et qui le détruit un peu plus chaque jour, malgré le soutien de sa coéquipière Leslie. Ces deux personnages se confrontent dans un face à face terrible où la stratégie et la manipulation sont reines.
L'idée de départ est intéressante et les personnages sont très bien développés, exsudant de charme vénéneux, mais l'intrigue pêche par la rigueur et part un peu dans tous les sens. A force de flash backs et de changements de points de vue, le lecteur s'y perd un peu et certaines directions ne sont qu'effleurées par l'auteur alors qu'il y avait matière à creuser davantage, rendant le roman un peu plus épais que ses 300 pages. Les scènes sexuelles explicites un peu déplacées car trop nombreuses ce qui atténue l'impact et l'intérêt, même si elles montrent un monde assez glauque de la télévision. Le dénouement n'en est pas vraiment un et se solde par un coup de théâtre final qui n'était pas forcément nécessaire. On en attendait davantage de ce roman, peut-être un peu trop...
12 mars 2009

Présentation de l’éditeur
Gretchen Lowell est une tueuse psychopathe, une manipulatrice absolue qui, même derrière les barreaux, a continué à tuer. Désormais placée sous haute surveillance, sans la moindre marge de manœuvre, elle trouve malgré tout le moyen de mener la danse en mettant au point un redoutable scénario. Pour que revienne à elle sa dernière victime, la seule qui ait trouvé grâce à ses yeux et à qui elle ait laissé la vie sauve : l’inspecteur Archie Sheridan. Car lorsque la nouvelle de l’évasion de Gretchen se répand, Archie n’a qu’une envie : retrouver celle qui n’a jamais cessé de le hanter. Parce qu’il sait pertinemment que cette reine du mal peut frapper à chaque instant, mais aussi, et surtout, parce que lui-même ne peut résister au désir qui le tenaille de la rejoindre et de s’adonner, une dernière fois, à l’étreinte du mal…
Mon avis
Suite de Au cœur du mal, ce roman nous plonge une nouvelle fois dans cette histoire sombre et complexe de face à face étrange entre une tueuse en série et l’inspecteur qui l’a arrêtée. Si le premier tome de cette trilogie était déjà intéressant mais devait mettre en place toute la mécanique de l’intrigue, ce second volume est passionnant car le lecteur rentre tout de suite dans un tourbillon avec Archie, le héros torturé et autodestructeur.
Archie, le policier qui a été torturé par Gretchen, une tueuse en série qu’il traquait, et qu’il a finalement arrêté, a été profondément marqué par cette affaire hors du commun. Il en a gardé des séquelles irréversibles tant au niveau physique avec des cicatrices dont une près du cœur, qu’au niveau du mental avec une addiction médicamenteuse et une attirance perverse et inexplicable envers cette femme sublime qui attirait les hommes avant de les tuer. La relation entre Archie et Gretchen, déjà biaisée, devient franchement perturbante aux yeux du flic, des personnages qui l’entourent, et du lecteur, qui est gêné et en même temps fasciné par ce lien hors du commun. On pourrait parler de syndrome de Stockholm par lequel une victime tombe sous le charme de son bourreau, mais la raison est plus profonde que ça et avec ce livre, on comprend mieux ce dont il est question. Obsédé par cette femme vénéneuse, Archie se rend malgré tout compte qu’il est en train de détruite sa vie, sa famille, et ses amis, mais ne peut s’empêcher de penser à elle, de rêver d’elle et de vouloir la voir et lui parler, comme une drogue dont il est dépendant.
Cette dimension de l’histoire de Chelsea Cain est prépondérante dans ce tome, mais il ne faut pas oublier l’intrigue policière qui en devient néanmoins pratiquement secondaire, avec Susan qu’on retrouve, une jeune journaliste qui était un peu perdue dans son existence mais qui semble avoir repris le dessus et qui n’a pour objectif que de révéler la vérité et faire justice. Susan éprouve un faible pour Archie et le soutient efficacement dans ses différentes enquêtes.
L’évasion de Gretchen entraine un bouleversement dans la vie qu’essaie de reconstruire Archie, et l’on attend impatiemment de connaître le dénouement final dans le dernier volume de la trilogie en septembre 2009 en anglais et en 2010 en français.
27 février 2009

Présentation de l’éditeur
En venant s’installer sur cette île sauvage et majestueuse des Shetland, Tora savait d’avance qu’elle serait confrontée à un climat rigoureux, à une intégration difficile, et surtout à l’isolement. Mais elle était bien loin d’imaginer que, par un après-midi pluvieux, elle découvrirait sur ses terres le corps d’une jeune femme parfaitement conservé, un trou béant à la place du cœur.
Un crime monstrueux que, curieusement, les insulaires s’empressent de classer.
Quelque chose pourtant pousse Tora à essayer de comprendre. Pourquoi le meurtrier a-t-il pris le temps de graver des runes sur le corps de sa victime ? Et que se passe-t-il sur cette île où d’autres femmes ont disparu et où des pics de mortalité inexpliqués surviennent à intervalles réguliers ?
Quand, au-delà du factuel et du scientifique, une vieille légende locale ressurgit, Tora commence à douter qu’elle arrivera un jour à quitter cette île aux disparues...
Mon avis
Une ambiance mystérieuse, des insulaires qui se connaissent tous et cachent leurs secrets, un cadavre non identifié, un couple en crise, une étrangère qui a du mal à s’intégrer : ces ingrédients sont réunis dans ce premier roman d’un nouvel auteur pour en faire une belle réussite en matière de thriller.
Tora a suivi son mari Duncan sur son île natale et a trouvé un poste d’obstétricienne dans l’hôpital local. En voulant enterrer son cheval, elle découvre le cadavre d’une femme. Souhaitant connaitre la vérité, elle est rapidement aux prises avec les habitants qui se connaissent depuis leur naissance et qui ne souhaitent pas qu’elle aille plus loin dans son enquête. Entre légende et monstruosité scientifique, Tora comprend peu à peu que tout le monde, y compris ses proches, cachent des secrets peu avouables.
Tora est une femme équilibrée qui a néanmoins du mal à se lier aux autres. Obstinée, elle tente depuis plus d’un an d’avoir un enfant avec son mari. Son nouvel environnement la déstabilise un peu et son séduisant patron la trouble. Pourtant, elle ne se laissera pas détourner de son objectif d’aller de l’avant et de résoudre cette mystérieuse affaire qui devient peu à peu tentaculaire. Tora ne sait plus à qui faire confiance puisque tout le monde a l’air coupable et la vérité, horrible, est révélée petit à petit au grand jour.
L’atmosphère est parfaite, le mystère savamment instillé par l’auteur et les croyances populaires fortement ancrées sont mêlées à la réalité concrète. La densité est telle que les explications sont parfois embrouillées mais cela n’empêche pas le lecteur d’être happé par le livre à tel point qu’il ne souhaite pas le lâcher, d’être surpris par les multiples rebondissements de l’histoire et de soutenir Tora, qui est la narratrice du récit.
En résumé, un très bon thriller maitrisé de bout en bout malgré quelques confusions et qui donne envie de suivre cet auteur qui publiera déjà son prochain roman en anglais cette année.
23 février 2009

Présentation de l'éditeur
Courir; toujours plus vite. Plus loin. Fuir la mort qui plane au-dessus d'eux; oiseau de proie aux ailes gigantesques dont l'ombre les dévore déjà. Diane a choisi la fuite. D'instinct. Elle sait qu'ils sont derrière. Juste derrière. Avance minime, infime. Comme son espérance de vie, désormais. Pourtant, elle marche. Pourtant, elle veut vivre. Rémy avance. Avec le poids de la peur qui comprime son cœur. Le poids de la fatigue, comme un boulet enchaîné à ses jambes. Il devrait être ailleurs, en ce moment même. En compagnie de sa femme et de sa fille. Mais non, il est là, errant dans ces bois inhospitaliers, avec ces inconnus qui fuient comme lui. Il est devenu une proie. Rien qu'une proie. Il n'existe plus. Déjà mort. Alors, pourquoi a-t-il aussi peur? Le monde est ainsi fait, qui ne changera jamais. Les chasseurs d'un côté, les proies de l'autre.
Mon avis
Karine Giebel est un auteur français de polar qui possède le don de tenir le lecteur en haleine durant tout le long de son roman. Dans son nouvel ouvrage, le nombre de pages est faible mais elle n'aurait pas pu faire plus long sachant toute la tension qui est présente à chaque chapitre. Néanmoins, cette épaisseur limitée ne permet pas de tout développer de manière satisfaisante, notamment au niveau des personnages et l'insertion de l'opinion personnelle de l'auteur qui a une tendance moralisatrice nuit au rythme de l'histoire ainsi qu'à la prise de distance.
Diane est une photographe qui ne s'est pas remise de la rupture avec son compagnon. Lors d'un reportage, elle est témoin d'un meurtre et est aussitôt prise en chasse par les assassins. En parallèle, Rémy est un sans domicile fixe qui se fait enlever par un homme riche et sadique qui l'entraine dans une partie de chasse à l'homme cruelle et immorale.
Les 2 récits sont donc traités en alternance avec une intensité identique, de sorte que le lecteur n'a d'autre choix que d'avaler les pages de plus en plus rapidement pour connaître le dénouement et ce jusqu'à la fin du livre. Malheureusement, les personnages, principaux et secondaires, sont nombreux, et si l'auteur fait l'effort de se concentrer sur chacun successivement, leur état psychologique est assez intéressant à décrypter et on aurait aimé aller plus en profondeur dans leur nature, leur passé et l'évolution de leur existence afin de comprendre comment ils en sont arrivés à là.
Le roman traite des rapports antre les hommes qui peuvent être violents, irrationnels et auto destructeurs, et apporte une réflexion intéressante sur la vision que chacun a de l'autre dans l'espèce humaine. Néanmoins, Karine Giebel a cru bon d'apporter son propre avis sur quelques thèmes, notamment au début, concernant par exemple la chasse ou la condition des SDF. Si le propos n'est absolument pas remis en cause, sa seule présence dans le roman n'a pas d'intérêt et donne plutôt une impression de gêne dans la lecture, comme si l'auteur voulait faire passer son message personnel entre deux lignes de son récit.
Hormis ces petits inconvénients, ce roman reste un bon polar rempli de suspense qui se lit d'une traite et qui prouve une fois de plus que Karine Giebel a un réel talent dans ce genre de littérature qui a le vent en poupe.
26 novembre 2008

Présentation de l'éditeur
Quatre minutes. C'est le temps d'un souvenir pour Manon. Après, tout s'efface. Puis recommence. Pour quatre minutes. Dans ces conditions, pas facile pour Lucie Henebelle, fraîchement promue lieutenant à la brigade criminelle de Lille, de trouver par qui la jeune femme vient d'être agressée. Et de comprendre la signification des mots gravés au creux de sa paume : "Pr de retour". S'agit-il du Professeur, ce tueur en série qui a sévi quatre ans plus tôt dans la France entière, semblant obéir à quelque sordide logique mathématique ? Lucie le pressent, la clé de cette affaire jamais résolue réside dans la mémoire fragmentée de Manon. Une mémoire à laquelle plus personne n'a accès, pas même l'intéressée...
Mon avis
Après La chambre des morts, Lucie Hennebelle, une jeune flic dans le nord de la France, est de retour dans ce nouveau roman de Franck Thilliez pour une nouvelle affaire glauque et complexe de tueur en série.
Quelques années ont passé depuis l'affaire de la chambre des morts et Lucie Hennebelle, promue lieutenant à la criminelle de Lille, s'est promis de consacrer davantage de temps à ses jumelles. Cependant, lorsqu'elle découvre une jeune femme blessée et déboussolée au pied de son immeuble, elle n'hésite pas à se plonger à corps perdu dans une affaire qui va prendre une ampleur insoupçonnée.
Franck Thilliez a réussi une nouvelle fois à écrire un roman plein de rythme, de suspense et de violence. Le roman alterne passages d'horreur absolue avec de nombreux détails sanglants et moments plus psychologiques notamment la description de la maladie de Manon qui ne se souvient plus de ce qui s'est passé à chaque émotion forte telle que la colère ou la peur. La recherche de la vérité entraine Lucie et le lecteur dans une plongée en avant dans un mécanisme terrifiant.
29 octobre 2008

Présentation de l'éditeur
Entre les bayous de Floride et le New York des sixties, un polar mené avec brio par un écrivain passé virtuose dans l'art de mêler les fils d'une intrigue juridique haletante à la John Grisham, avec l'élégance du roman noir. Benny Avrile s'est mis dans de sales draps.
Petit braqueur de bas étage, il s'est attaqué cette fois à l'un des plus puissants industriels de la côte Est. Un coup de feu part, son destin est scellé : ce sera la peine capitale. Pour Rico, son père, un seul homme peut le tirer de là : son vieil ami Jack...
Après une brillante carrière d'avocat d'affaires, Jack Tobin se consacre désormais à une seule cause : la défense des condamnés à mort. Mais, lorsque Rico vient lui demander secours, Jack est en pleine remise en question. Assailli de doutes quant à l'innocence de son dernier client, il a encore plus de mal à croire à celle de Benny. Et pourtant, Jack ne peut pas refuser d'aider celui qu'il a laissé sur la touche, trente ans plus tôt...
Le compte à rebours a commencé. Jusqu'où Jack est-il prêt à aller pour s'acquitter d'une dette du passé ?
Mon avis
Après Le Prince de Lexington Avenue, James Sheehan poursuit les enquêtes judiciaires avec son personnage emblématique, Jack Tobin. Et encore une fois, le roman est une réussite en traitant d'un thème d'actualité délicat qu'est la peine de mort aux Etats-Unis, et plus largement des rouages du système judiciaire américain grâce à une démonstration menée d'une main de maitre par l'auteur qui est également avocat.
Jack Tobin, marié à son amie d'enfance Pat, se consacre désormais exclusivement à la défense des condamnées à mort. Lorsqu'on lui propose une affaire, il préfère d'abord rencontrer son client potentiel et se fier à son instinct pour évaluer l'innocence de ce dernier. Une fois l'affaire prise en main, il s'y consacre nuit et jour et use de tout son talent afin d'annuler la sentence de la peine capitale. Ayant lui-même passé une enfance dans les rues de New York, il n'oublie pas que les apparences sont trompeuses et que chacun a droit à une seconde chance.
Le système judiciaire américain est décrit avec une précision féroce et ne laisse passer aucun travers, aucune défaillance et aucune énormité en vigueur. Si bien évidemment la peine de mort est interdite dans les pays européens, la transposition peut néanmoins être réalisée au vu des bavures, des complaisances et des procédures complexes qui peuvent pourrir la justice qui se doit d'être équitable et impartiale. Le rythme est prenant, et le roman se découpe en plusieurs parties, donnant au récit une densité remarquable sans qu'il n'y ait pourtant de lourdeurs, excepté peut-être la longue retranscription des témoignages à la barre du tribunal. Le suspense est à son comble et le lecteur, pris de sympathie pour Jack et son client, ne peut qu'être impatient de connaître le verdict du jury.
En plus de l'aspect judiciaire, l'ouvrage s'attache à consacrer une partie à la vie privée et émotionnelle de jack avec de multiples références au passé qui trouvent leur signification au cours du récit, et une histoire dramatique personnelle. Le coup de théâtre final est ainsi vraiment surprenant, entremêlant vie professionnelle et vie privée, dans un sens que l'on n'attendait pas.
Aussi excellent que le précédent, ce roman fluide plaira à tous les amateurs de polars judiciaires et confirme James Sheehan en digne héritier de John Grisham.
15 octobre 2008

Présentation de l’éditeur
En 1891, Louis Denfert, jeune et impétueux reporter au Petit Eclaireur, ronge son frein entre chroniques sportives et articles mineurs lorsqu’il est envoyé en reportage à Dijon sur une affaire au parfum de scandale : une honorable gouvernante anglaise a été retrouvée, dans le train de nuit Paris-Marseille, sauvagement égorgée et démembrée. Ce meurtre aurait-il un lien avec la disparition, un an auparavant, dans le même train, de Louis Aimé Augustin Leprince, un inventeur franco-anglais qui venait de mettre au point un appareil de projection d’images révolutionnaire ? Louis était impatient d’en découdre, il va être servi ! Brigitte Aubert plonge au cœur de la glorieuse épopée des pionniers du cinématographe. Dans les coulisses de la lanterne magique, péripéties, mystères et drames se succèdent à un train d’enfer !
Mon avis
La collection Grands Détectives s’étoffe d’une nouvelle série se passant à la fin du 19e siècle, à une époque passionnante lorsque les idées et les inventions bouillonnaient dans l’Europe en pleine révolution industrielle. Louis Denfert est donc le héros de ces livres qui mêlent intrigue policière et contexte historique avec une densité impressionnante et un souci constant des détails et des références.
Louis Denfert est un jeune journaliste passionné des nouvelles technologies de l’époque et qui désespère que la France puise être à la traine en matière de progrès. Il entretient une liaison passionnée avec Camille, une actrice de la Comédie Française et adore enquêter sur les crimes les plus sanglants. Lorsqu’il est envoyé à Dijon pour l’assassinat et le démembrement d’une gouvernante anglaise dans un train, il est loin d’imaginer que cela le mènera jusqu’à Londres, sur les traces de Jack l’Eventreur…
Brigitte Aubert, un auteur de romans policiers très prolifique, s’essaie au polar historique avec ce premier livre qui inaugure une nouvelle série. Il est étonnant de voir comment elle a su s’imprégner de l’ambiance historique de l’époque avec de multiples références aux personnages célèbres, écrivains, peintres, ou inventeurs qui vont se faire un nom dans les années à venir. Elle signe d’ailleurs une postface qui donne quelques informations intéressantes sur les personnes réelles rencontrées au cours du roman ainsi que sur les inventions de l’époque. La course à l’invention était lancée en Europe avec notamment la fabrication du cinématographe des deux côtés de l’Atlantique et le lecteur est immédiatement plongé dans la frénésie de cette fin de siècle, pleine d’espoir et de nouvelles découvertes.
L’intrigue est assez classique, mais ce n’est pas le plus important parce que l’auteur prend le temps de la développer dans tous les aspects possibles, s’attardant sur des détails, des justifications, des témoignages de protagonistes plus ou moins présents dans le récit. La galerie de personnages secondaires est d’ailleurs impressionnante et bien fournie, avec des caractères hauts en couleur formant une petite troupe sympathique et dynamique entourant Louis. L’enquête évolue pas à pas avec une chasse à l’homme, ralentie par des faux-semblants, de multiples identités, faisant un écran d’illusions et des tours de passe-passe que n’auraient pas renié certains magiciens. Le rythme peut en rebuter certains car la précipitation n’est pas une des composantes du livre, mais les amateurs de cette collection des éditions 10/18 y trouveront leur bonheur.
Avec ce calme apparent, le dénouement semble d’autant plus hâtif et trop bref malheureusement mais il ouvre la voie à la suite qui se déroule dans le deuxième tome, La danse des illusions.
L'avis de Clarabel (je parlerai de ce blog merveilleux et de sa créatrice passionnée plus longuement un peu plus tard)

Présentation de l'éditeur
Lors de l'extraordinaire vague de froid qui s'abat sur Paris pendant l'hiver 1895, le jeune reporter Louis Denfert découvre le corps sans vie d'un petit ramoneur en bord de Seine. L'enfant n'a pas succombé à une mort naturelle et Louis apprend bientôt qu'une rumeur enfle dans les bas-fonds de la capitale : un homme en frac et en haut-de-forme, surnommé le Vicomte, rôderait dans Paris, attirant les enfants des rues à bord de son fiacre sous prétexte de leur montrer un fabuleux jouet optique... Tandis que les inventeurs de tout poil se livrent une bataille acharnée pour mettre au point le cinématographe, l'intrépide reporter se lance dans une traque sans merci, du Moulin-Rouge aux ors délabrés du carnaval de Venise, à la recherche d'une mystérieuse caméra et d'un pervers assoiffé de sang. Mais dans les brouillards méphitiques de la lagune, il s'avère plus insaisissable qu'un démon...
Mon avis
Suite directe du précédent tome Le miroir des ombres, ce livre met de nouveau en scène les principaux personnages charismatiques du premier roman, à savoir Louis Denfert, le jeune journaliste passionné de nouvelles technologies, sa compagne Camille de la Comédie Française, Emile l’ancien soldat devenu professeur de boxe, et Albert féru de médecine légale et prestidigitateur renommé.
Cette fois-ci, Louis s’empare d’une enquête où les enfants des rues sont assassinés et où une mystérieuse et redoutable bande criminelle, les Tisonneurs, font régner la terreur à Paris. Cette quête va amener Louis et ses acolytes jusqu’à Venise, où une fois de plus, la course à l’invention du cinématographe est au cœur de l’affaire.
Alors que le premier tome avait l’obligation de présenter les personnages et de mettre l’intrigue en route, de façon assez laborieuse, cette suite installe d’emblée le lecteur dans l’ambiance de l’époque, et ce dernier retrouve avec plaisir tous les protagonistes de l’histoire aux caractères atypiques et bien trempés. Le rythme s’en ressent nettement et devient plus rapide et agréable à suivre et l’intrigue progresse de révélations en déplacements. On sent une véritable complicité entre les personnages et le lecteur, grâce au talent de l’auteur à instiller une pointe d’humour dans de nombreux passages avec des clins d’œil à notre époque contemporaine et quelques plaisanteries facétieuses. La lecture est plus confortable et c’est un véritable régal d’évoluer avec Louis dans cette affaire brumeuse et inquiétante entre le Paris et le Venise d’époque. L’intervention d’un personnage italien, Rizzo, souvent comparé à un jeune et dynamique chiot, et délicieusement agrémenté d’un accent rital, apporte un charme fou à cette histoire plaisante et qui conclut en beauté les deux premiers romans de Brigitte Aubert dans le style du polar historique. Une belle découverte !







