25 mars 2011
Darkiss a interviewé Maria V Snyder qui a également laissé un message à destination des fans français
DARKISS : D’où l’idée de « Inside Out : Enfermée » vous est-elle venue ? J’ai lu que l’histoire était née dans un de vos rêves, mais d’autres événements vous ont-ils inspiré pour l’écriture de ce roman ? Par exemple, je suis particulièrement intriguée par la manière dont les personnages du Cube mesurent le temps : en semaines et en centisemaines.
Maria V. Snyder : Oui, l’histoire vient bien d’un rêve. Mais j’ai inventé certains éléments, bien sûr, pour que le rêve devienne un véritable roman. L’idée d’utiliser les semaines vient en réalité de ma fille. Elle était fâchée contre son frère et lui a dit qu’elle « ne lui parlerait plus pendant un million de semaines ». Elle a alors réfléchi et m’a demandé combien de temps représentait un million de semaines. J’ai calculé : cela représenterait 19.000 années. L’anecdote m’est ensuite sortie de la tête. Puis, quand j’ai commencé à réfléchir à la manière de représenter le temps dans le Cube, les semaines m’ont paru plus évocatrices que les années. Les centisemaines sont comme les centimètres : le monde que j’ai créé repose sur une base 10 pour toutes les mesures, donc les centi et les déci fonctionnent sans problème.
DARKISS : Avez-vous dû faire des recherches spécifiques avant de commencer l’écriture de « Inside Out : Enfermée »?
Maria V. Snyder : Oui. Les recherches préliminaires pour écrire « Inside Out » ont été assez ardues ! Plus que mes précédents romans ! Ainsi, je me suis beaucoup documentée sur le traitement de l’eau, le recyclage, l’hydroponie, dans des ouvrages spécialisés ou sur Internet. Je me suis mise à l’escalade en salle, aussi, pour avoir une idée de la manière dont les muscles de mes bras et de mes jambes réagiraient après des heures passées à monter et descendre dans des tuyaux de climatisation, comme mon héroïne, Trella… En fait, ils étaient en compote.
DARKISS : « Inside out » nous entraîne dans un univers où il ne fait pas bon être claustrophobe, avec ces nombreux tuyaux, ces canalisations... Pourquoi cette architecture ?
Maria V. Snyder : Si l’idée du Cube et de son agencement m’est venue en rêve, je pense que son origine profonde remonte à mon enfance, du vivant de mon père. Il était réparateur de systèmes de chauffage et de climatisation, et je l’accompagnais lorsqu’il était appelé, le week-end. Parfois, je l’aidais. Sur certains sites industriels, notamment. Par exemple, je me souviens m’être glissée dans des endroits très étroits pour l’aider à réparer.
DARKISS : Trella a eu une enfance très particulière, qui l’a rendue extrêmement méfiante vis-à-vis de son entourage, ces personnes qui vont pourtant avoir besoin d’elle pour survivre. Vous avez voulu que ce soit précisément un personnage solitaire, méfiant, qui ensuite comprenne, progressivement, qu’on ne peut pas vivre sans les autres ?
Maria V. Snyder : Oui, je souhaitais à la base que Trella haïsse en quelque sorte le monde autour d’elle, et les habitants qui peuplent le Cube, à l’exception d’une seule personne, en qui elle a confiance : son ami Cogon. Ensuite, en effet, elle va peu à peu apprendre que ce qui l’entoure n’est pas forcément aussi mauvais qu’elle le pensait, que les choses ont une histoire qui les explique et les rend réversibles ; ce qui va amener sa vision du monde à évoluer au cours du roman, avec l’enrichissement de son expérience. J’aime mettre mes personnages dans des situations difficiles afin de voir comment ils vont y faire face, et se dépasser.
DARKISS : De quel personnage vous sentez-vous la plus proche ?
Maria V. Snyder : J’aurais aimé être indépendante comme Elena (dans la trilogie « Les portes du secret ») ou Trella, mais au final, je suis plus proche d’Opal (l’héroïne de la série « Storm Glass », pas encore parue en France, qu’on aperçoit dans le dernier tome des « Portes du secret »). Mais en fait, quand j’étais au collège et au lycée, je n’avais que peu confiance en moi et j’étais très sensible au regard des autres, à ce qu’on pouvait penser ou dire de moi.
DARKISS : « Inside Out : Menacée » sort en décembre 2011 en France. « Inside Out : Enfermée » a-t-il été écrit au départ comme un roman à part entière ou aviez-vous déjà en tête une suite ?
Maria V. Snyder : Mon idée première était d’écrire « Inside Out : Enfermée » en tant que roman unique. Mais au final, comme avec mes autres romans, il appelait une suite !
DARKISS : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre prochain roman, « Inside Out : Menacée » ?
Maria V. Snyder : Pas trop ! Je ne veux surtout pas dévoiler les rebondissements de « Menacée ». Sachez seulement que nous continuons de suivre Trella dans ses aventures, pour voir comment elle — et les habitants du Cube — vont faire front devant la nouvelle menace qui se présence à eux. Une menace qui, cette fois, vient de l’Extérieur…
DARKISS : Une habitude ou un rituel original à partager avec nous ?
Maria V. Snyder : Quand je dédicace des livres, j’aime que la couleur du stylo avec lequel je signe soit coordonnée à la couverture du livre en question. J’ai toujours cinq couleurs différentes avec moi !
DARKISS : Une dernière pensée à partager avec nous ?
Maria V. Snyder : J’aimerais ajouter que, parce que le fonctionnement et l’agencement de l’Intérieur du Cube peut être difficile à imaginer, j’ai posté des cartes de l’Intérieur sur mon site Internet : http://www.mariavsnyder.com/maps.php. Cela complète ainsi bien la lecture de « Inside Out : Enfermée ».
Merci à Ivy et Katie de YAreads (www.yareads.com/) et à Dwayne de Withoutabookshelf ( www.withoutabookshelf.blogspot.com/) pour nous avoir autorisés à utiliser en partie leurs interviews de Maria V Snyder.
17 mars 2011

Présentation de l'éditeur
Me?
A leader?
Okay, I did prove that there's more to Inside than we knew.
That a whole world exists beyond this cube we live in. And finding that led to a major rebellion—between worker scrubs like me and the snobby uppers who rule our world. Make that ruled. Because of me, we're free. I thought that meant I was off the hook, and could go off on my own again—while still touching base with Riley, of course. He's the one upper I think I can trust. But then we learned that there's outside and then there is Outside.
And something from Outside wants In.
Mon avis
Cette suite évolue de manière inattendue et flirte vers la science fiction. La construction de ce roman est très intelligente et très éloignée de la plupart des romans jeunesse traditionnels. L’aspect sentimental est présent bien évidemment avec Trella et Riley, mais ce n’est pas le point majeur du livre. L’histoire se focalise plutôt sur la réorganisation de la vie du Cube après la révolte qui s’est produite dans le premier tome. On peut en fait faire un comparaison entre l’intrigue et la situation actuelle au Moyen Orient. La vie après une lutte aussi acharnée est difficile à reconstruire. Le chaos est inévitable et une période d’adaptation est nécessaire. Certains peuvent alors avoir la nostalgie du régime autocratique, car malgré les contraintes subies, ils ne manquaient de rien et leur vie était réglée à la minute près, sans originalité mais sans danger non plus. Certains peuvent profiter de ces moments de doute afin d’imposer leurs points de vue, au mépris de l’intérêt collectif, et peuvent même instaurer un nouveau système dictatorial. La cohabitation entre les niveaux inférieurs et supérieurs reste toujours difficile, avec des nouvelles règles de vie et d’organisation à établir de manière équitable. Ces aspects sont très bien traités par l’auteur et sont très intéressants à suivre.
Mais alors que la contestation qui provient de l’intérieur même augmente, une menace encore plus grande arrive de l’extérieur…
J’aime beaucoup le personnage de Trella. Elle est futée et courageuse, mais elle est complètement dépassée par ce qui se passe dans le Cube. Alors qu’en tant que point de départ de la rébellion, chacun compte sur elle pour qu’elle donne son opinion et prenne des décisions, alors qu’elle pense ne pas pouvoir assumer toutes ses responsabilités. Alors elle préfère laisser faire et continuer sa vie comme avant, à explorer le Cube, seule, en dépit de ses sentiments évidents pour Riley. Ce n’est pas vraiment une manière saine et responsable de se comporter et les conséquences désastreuses ne tardent pas à arriver. Trella peut apparaitre comme une fille froide, dépourvue de sentiments, alors qu’elle n’est en fait qu’une solitaire. Je peux comprendre que ce type de personnage peut être ressenti comme pas très sympathique, mais j’ai été très touchée par elle. Ses interactions avec les autres sont fascinantes à observer. Je trouve d’ailleurs dommage que la relation entre Trella et le Docteur Lamont n’est pas aussi bien développée que l’histoire entre Trella et Riley par exemple, j’aurai aimé en savoir davantage. J’aimerais même avoir un prequel de la saga avec les parents de Trella !
Même si la conclusion est parfaite, j’espère qu’il y aura un troisième roman, ne serait-ce que pour revoir la famille Mouton que j’adore !
Le roman n'est paru qu'en ebook en France sous le titre Menacée. (commande Amazon.fr)

Trella, experte dans l'art de se dissimuler dans les tuyaux des différents étages du Cube, a trouvé et ouvert La Porte... celle qui n'était pas censée exister et n'être qu'un mythe... Cette Porte a révélé que le Cube n'était pas tout...
01 mars 2011

Présentation de l'éditeur
Dans le monde entièrement clos où vit Trella, ce monde qu'on appelle le Cube, il n'y a ni avenir ni issue. Pas de rébellion possible sauf à finir dans la Broyeuse. Et ceux qui voudraient lui faire croire le contraire en murmurant qu'il existe une Porte, cachée quelque part dans les entrailles du Cube, sont juste d'immondes trafiquants d'espoir. D'ailleurs, elle veut le prouver. Voyageuse clandestine prête à affronter l'interdit, elle se lance alors dans la quête impossible : trouver la Porte...
Mon avis
Maria V Snyder a le chic pour créer des univers fantasy ou de science fiction addictifs et des héroïnes fortes et courageuses, que ce soit dans sa trilogie Poison Study ou dans cette nouvelle saga Inside Out. Elle prouve encore une fois qu'elle excelle dans ce domaine avec un premier tome très réussi.
Trella, une jeune fille d'environ 17 ans, vit dans un Cube d'où on ne peut pas sortir, dans les Niveaux Inférieurs, où se massent les plus mal lotis de la population. Elle est une Gratteuse, chargée de l'entretien des tuyaux, mais les autres la surnomment la Reine des Tuyaux qu'elle connait par cœur. Débrouillarde et autonome, elle passe son temps à explorer les conduits du Cube. Mais c'est une solitaire dans l'âme, voire asociale au risque de paraître hautaine, elle ne s'attache à personne à part peut-être son ami d'enfance Cogan.
Trella est une héroïne qui m'a énormément touchée et que j'aime beaucoup retrouver dans les livres, une fille pas naïve, sachant réfléchir et agir. C'est une rebelle dans l'âme mais elle possède toujours une part d'enfance en elle qu'elle ne s'avoue pas et des émotions refoulées, donne des noms à ses machines d'entretien et s'attache à des vieilles peluches... Trella est un personnage dur qui évolue au fil du temps et par la force des choses, alors que les péripéties s'enchainent. Elle est parfois dépassée par les évènements et ne comprend pas ce qu'elle peut représenter et peut susciter, mais elle ne tergiverse pas et agit.
L'univers du livre est particulièrement intriguant avec ce Cube où tout est divisé par 10, y compris le temps, ce qui rend parfois un peu difficile la conversion et séparé entre les Niveaux Inférieurs et Supérieurs où vit une partie de la population a priori plus avantagée. Il s'agit d'une représentation la plus tranchée des castes sociales avec les riches d'un côté et les pauvres de l'autre, et un contrôle des pensées et des connaissances de part et d'autre, et où les préjugés et la méfiance règnent.
Il s'agit d'un roman de dystopie mais également de science-fiction. Rien n'est manichéen, tout est plus complexe qu'il n'y parait, les motivations de chacun d'agir sont troubles et non rationnels parfois. Le livre n'est donc pas un simple roman jeunesse et encore moins une histoire d'amour. S'il y a un peu de romance dans l'air, le livre est véritablement centré sur Trella et le soulèvement d'un peuple contre un système autoritaire mis en place et qui ne convient plus, dans l'espoir d'un monde meilleur (n'y voyez aucun lien avec l'actualité...).
Si le début du roman qui doit mettre en place tout l'univers de cette saga et les règles du jeu est assez lent, la deuxième moitié accélère le rythme et prend son envol dans un tourbillon d'action, de rebondissements, de révélations et de suspense, de sorte qu'il y a un cliffangher à chaque fin de chapitre qui oblige à continuer à tourner les pages pour dévorer l'histoire, jusqu'à la toute fin où on a envie d'avoir la suite immédiatement!
Si vous avez aimé Hunger Games, son univers et sa Katniss, ce roman est fait pour vous!
Le deuxième tome, Menacée, sortira en décembre en France. Pour les plus impatients, dont je fais partie, Outside In vient de sortir aux Etats Unis.
24 décembre 2010

Présentation de l‘éditeur
La Magie est-elle un mal ? Menacée, Elena renonce à son apprentissage et fuit rejoindre Valek, à Sitia, où la magie est interdite. Mais un phénomène inquiétant l'arrête en chemin : des gens disparaissent mystérieusement. Qui les capture ? Pour les emmener où ? Confrontée à une nouvelle épreuve, contrainte de repousser l'heure tant attendue de retrouver Valek, Elena accepte de suivre dans le monde du Feu un étrange personnage qui détient des réponses...
Mon avis
Ce dernier tome de la trilogie conclut l’histoire d’Elena et de Valek.
Elena est toujours la femme à abattre. En plus de ceux qui veulent la capturer et la tuer, elle doit faire face à l’ennemi le plus puissant de tous, le Déformeur de feu qui la terrifie. Dotée de pouvoirs immenses, elle est une menace pour tout le monde, aussi bien en Ixia qu’à Sitia. Elena se retrouve donc très seule entourée de ses compagnons de route qui se méfient d’elle. Elle sait qu’elle ne peut vraiment faire confiance qu’à Valek, son amant et l’assassin du Commandant Ambrose d’Ixia. C’est assez triste car chacun, à part Valek, veut l’utiliser à cause de ses pouvoirs, mais n’est pas reconnaissant et ne lui fait pas confiance. Le personnage de Leif, le frère d’Elena, est particulièrement agaçant.
La première partie est assez longue et ennuyeuse avec un rythme assez lent et peu de rebondissements. Heureusement, la deuxième partie avec surtout l’apparition de Valek met davantage de rythme et de péripéties à l’histoire. En effet, Valek est, comme dans le deuxième tome, largement absent du livre. Le récit se concentre vraiment sur Elena, son épopée et la maitrise de ses pouvoirs.
Cette conclusion est un peu décevante d’autant plus qu’elle laisse quelques interrogations sur le devenir de certains personnages secondaires notamment.
06 septembre 2010

Présentation de l’éditeur
Une année, une seule. C'est le temps dont dispose Elena pour développer ses pouvoirs de magicienne. Mais le parcours est semé d'embûches. Les détracteurs d'Elena cherchent à la manipuler, voire à la détruire. Triomphera-t-elle de la jalousie des Magiciens, de la traîtrise du Prince exilé, et de la haine que lui voue son frère ? Libre et rebelle, elle poursuit sa quête. Avec pour allié le mystérieux Valek qui lui insuffle, en pensée, la force de devenir elle-même...
Mon avis
On avait laissé Elena en route vers Sitia à la fin du premier tome Le poison écarlate. Dans cette suite, Elena continue son apprentissage de magicienne et découvre ses nouveaux pouvoirs grandissants. Il s’agit vraiment d’une saga qui se concentre sur l’évolution de ce personnage à la fois fort et fragile, qui a survécu à de nombreuses épreuves douloureuses et qui ne peut pas vivre avec l’amour de sa vie.
La romance est un aspect totalement mineur et si on assistait à l’éclosion d’une histoire d’amour dans le premier livre entre Elena et Valek, ce côté de l’histoire est pratiquement absent dans ce deuxième volet, sans pour autant que cela fasse préjudice au récit. En effet, l’amour d’Elena et Valek est considéré comme acquis et est source de force pour elle. Elle peut donc se concentrer sur son nouvel univers semé de dangers. Elle doit s’adapter à un nouvel environnement encore une fois, entre sa famille qui l’a retrouvée après 14 ans et dont les membres éprouvent des sentiments partagés, et les habitants de Sitia qui la prennent pour une espionne d’Ixia.
On accompagne donc Elena dans tout son périple qu’elle affronte avec beaucoup de courage et de talent. C’est une vraie aventurière, un personnage très fort qui fait fi de l’adversité mais qui est assez seule finalement à chaque fois ce qui est un peu triste. Elle arrive heureusement à pouvoir compter sur des amis fidèles qui l’aideront dans sa quête d’identité. Son manque d’émotions concernant sa famille est un peu troublant mais logique compte tenu de ce qui est arrivé. Elle fait face à des quasi inconnus pour elle et doit s’adapter à voir de nouveau un passé, des souvenirs, un sentiment d’appartenance.
L’intrigue traite d’un tueur en série mais est emplie de magie et on la suit avec plaisir, d’autant plus qu’elle permet à Elena d’utiliser ses pouvoirs qui s’annoncent très puissants. On en apprend davantage sur le monde de la magie ainsi que sur sa pratique. Il s’agit d’une histoire complètement différente. Le Commandeur, Valek et toutes les intrigues d’Ixia ont laissé place à la magie, le monde de Sitia et la famille d’Elena.
Cette suite est aussi dense que passionnante et se dévore à toute allure. Le 3ème et ultime tome, Le secret d’opale, où Elena se retrouvera confrontée encore une fois à de nouvelles menaces, en attendant de savoir si elle parviendra à contrôler tous ses pouvoirs et à couler des jours heureux avec Valek, sortira le 1er décembre.
01 juin 2010

Présentation de l'éditeur
Dans les geôles d'Ixia, Elena attend son exécution. Mais, au dernier moment, le fascinant Valek, puissant dignitaire secrètement amoureux d'elle, lui propose un étrange marché : si elle entre à son service, elle aura la vie sauve. Néanmoins, qu'elle ne songe pas à s'enfuir - car pour être certain de la retenir près de lui, Valek lui fera avaler une dose mortelle du poison écarlate, dont il est seul à connaître la formule et surtout l'antidote...
Mon avis
Premier tome d'une trilogie fantastique qui était déjà parue dans l'ancienne collection Luna d'Harlequin, ce livre est davantage un roman fantasy adulte plutôt qu'une romance YA comme De toute mon âme de Rachel Vincent par exemple. La noirceur et le ton plus mature sont donc davantage perceptibles et séduisent, même si l'aspect sentimental est assez soft.
Le monde d'Elena ne se divise qu'en 2 territoires : Ixia qui est dirigé par le commandant Ambroise depuis son coup d'Etat, et Sitia où ont fui la plupart des nobles et des magiciens. Elena doit être exécutée pour l'assassinat du fils du général Bazell, qui l'avait recueillie quand elle avait 6 ans, ainsi que de nombreux orphelins. Mais Valek, le chef de la garde d'Ambroise, lui propose de devenir goûteur du commandant et lui administre un poison. Partagée entre ses ennemis et le mystérieux mais séduisant Valek, de nouveaux dangers surviennent alors qu'elle prend peu à peu conscience de ses pouvoirs.
Je ne suis pas trop fan de fantasy mais j'ai bien aimé ce livre car il ne parle pas que de magie et de mondes fantastiques. Il s'agit plutôt de la vie d'une jeune femme qui essaie de survivre dans un monde hostile et qui finit par combattre plutôt que de fuir comme elle en avait l'habitude. Elena a 20 ans et a un passé très difficile, que l'on découvre petit à petit, l'horreur nous submergeant lorsqu'on possède l'histoire complète. Elle est donc assez faible au début, autant physiquement que psychologiquement, après les épreuves qu'elle a vécues, de son adolescence, à l'acte qu'elle a commis et aux années d'emprisonnement. Elle vit la peur et la culpabilité au ventre, qui lui pèsent dans toutes les actions qu'elle veut entreprendre, et même dans son envie d'évasion. Certaines des scènes ont donc un schéma qui se répète avec l'agression d'Elena puis le sauvetage par Valek, ce qui est un peu agaçant. Mais Elena a conscience de cette faiblesse et cherche à y remédier. On assiste donc à son évolution et au fait qu'elle devienne plus forte, qu'elle puisse se débrouiller seule.
Valek est l'homme mystérieux typique, taciturne, aux motivations obscures, un assassin impitoyable qui se soucie néanmoins de la sécurité et du bien-être de celle qu'il doit former au poste de goûteur. Leur relation, bien qu'ambigüe, Elena étant attirée par l'homme qui l'a empoisonnée et Valek semblant soucieux d'une meurtrière (même s'il est lui même un tueur) est évidente, mais ne se développe vraiment que vers la fin du livre.
Un autre schéma traditionnel l'entoure d'amis loyaux et d'ennemis hostiles et méchants. Ce n'est pas très original mais ça permet de rendre l'histoire fluide et agréable à suivre. On en apprend peu sur Elena et encore moins sur Valek mais nul doute que la suite nous apportera davantage d'éclaircissements.
Le secret des émeraudes, le 2ème tome de la trilogie, sortira le 1er septembre.

















