Le prince d'été, Alaya Dawn Johnson

Présentation de l’éditeur
Il y a quatre cents ans, le monde tel que nous le connaissons a connu une fin tragique. Désormais, sur la côte de ce que l'on appelait jadis le Brésil, ce sont les femmes qui dirigent la légendaire ville-pyramide de Palmares Três. La Reine ne cède le pouvoir à un homme qu'une fois tous les cinq ans, à un Prince d'été dont l'histoire enfiévrera la cité le temps d'une année.
Pour June Costa, la vie n'est qu'art. Ses œuvres géniales – des peintures murales aux hologrammes, en passant par des tatouages lumineux – impressionnent, voire irritent ses professeurs tout autant que ses camarades. Elle rêve de remporter le prestigieux Trophée de la Reine pour jouir d'une célébrité instantanée et de tous les privilèges qui vont avec. Un rêve qu'elle n'avait jamais remis en question... jusqu'à ce qu'elle rencontre Enki.
Mon avis
L’univers de ce roman unique est très original et complexe. La ville est en forme de pyramide avec les plus pauvres en bas dans le verde et les dirigeantes au sommet.
June est une adolescente en conflit avec sa mère depuis la mort de son père et qui traine avec son meilleur ami Gil tout en voulant devenir une artiste reconnue. Elle est tout de suite attirée par Enki, qui vient du verde et qui est candidat pour être le Prince d’été.
Dans le monde de June, ce sont les femmes qui gouvernent, et les grande, les plus anciens qui ont le pouvoir. Les plus jeunes, les wakis, comme June et Enki, sont nombreux, remuants et insouciants. La sexualité n’est pas du tout taboue, même à un assez jeune âge, et l’homosexualité ou la bisexualité non plus, alors que la mariage pour tous est une réalité à Palmares Três (c’est d’ailleurs frappant d’actualité…). Du coup, j’ai été agréablement surprise par certains évènements qui se passent et que je n’avais pas du tout anticipé. L'ambiance est chaleureuse, avec de nombreuses références brésiliennes, que ce soit avec les petits mots portugais, la musique ou la danse, mais également une pointe japonaise avec un personnage ambigu (le Brésil accueille beaucoup d'expatriés japonais), à la fois séculaire e tmoderne avec une nouvelle nano technologie aussi puissante que dangereuse.
June est une fille normale avec des préoccupations d’ado, entre sa mère, Gil, son attirance envers Enki, l’école et sa passion d’artiste. Elle est assez casse-cou et a ses moments immatures et égoïstes, mais j’ai été indulgente avec elle. Enki et Gil sont bien plus intrigants car plus mystérieux vu que l’histoire est narrée par June. Enki est particulièrement complexe car on en découvre au fur et à mesure mais il reste néanmoins une énigme autant pour les personnages que pour le lecteur. Il est séduisant, fascinant et troublant.
Le livre brille donc davantage par son atmosphère et ses personnages que par son intrigue qui part sur une base intéressante, avec le sacrifice du Roi pour marquer la domination des femmes, mais qui est en fait une histoire plus traditionnelle de rébellion d’un nouveau mode de pensée envers l’ancien monde dominant, des wakis contre les grande.
Il s’agit d’un roman correspondant bien à la case YA et non jeunesse car les thèmes traités sont plus matures et ambigus. J’ai beaucoup aimé me retrouver dans un monde aussi inattendu et original, le changement ça fait du bien !