Midnight Sun : First sight (MAJ du 27/01)
Je vais traduire petit à petit le premier chapitre mis en ligne par Stephenie Meyer. Je mettrai le texte au fur et à mesure dans ce message que je vais faire remonter à la première place à chaque fois. Pour l'instant, je laisse l'autre version en ligne jusqu'à ce que j'aie fini ma traduction et que j'en sois satisfaite. Si vous avez des remarques à faire, n'hésitez pas, je ne suis pas du tout à l'aise dans la langue de Shakespeare!
Le texte en VO est disponible ici.
Evidemment, le texte appartient à son auteur et je n'ai aucun droit dessus.
Premier regard
C’était le moment de la journée où je souhaitais être capable de dormir.
Le lycée.
Ou purgatoire serait-il un mot plus juste ?
S’il y avait une quelconque manière d’expier mes péchés, cela devrait peser dans la balance dans une certaine mesure. L’ennui n’était pas quelque chose dont j’avais pris l’habitude ; chaque jour me semblait encore plus monotone que le précédent si c’était possible.
Je suppose que c’était ma façon de dormir, si dormir était défini par l’état d’inertie entre plusieurs périodes d’activité.
Je fixai les fêlures qui s’étendaient sur le plâtre dans un coin éloigné de la cafétéria, imaginant à l’intérieur des dessins qui n’existaient pas. C’était l’unique moyen de faire taire les voix qui bourdonnaient comme un essaim d’abeilles dans ma tête.
Plusieurs centaines de voix que je tentais d’ignorer.
Quand une pensée atteignait l’esprit d’un humain, je pouvais l’entendre avant et encore davantage. Aujourd’hui, toutes les pensées se focalisaient sur l’évènement banal que constituait l’arrivée d’une nouvelle étudiante par mi eux. Cela prenait si peu de temps pour tous les entendre. Je pouvais voir ce nouveau visage se refléter dans chacune de leurs pensées. Juste une humaine ordinaire. L’excitation provoquée par son arrivée était tellement prévisible, tel l’effet de la lumière d’un objet brillant sur un enfant. La moitié de ces mâles, pareils à des moutons, s’imaginaient déjà tomber amoureux d’elle, simplement parce qu’elle était nouvelle dans leur horizon. J’essayais ardemment de les faire taire.
Il n’y avait que 4 voix que je bloquais par politesse et non par dégoût : ma famille, mes 2 frères et mes 2 sœurs, qui étaient si habitués au manque d’intimité en ma présence qu’ils n’y pensaient que rarement. Je leur donnais toute l’intimité que je pouvais. Je tentais de ne pas les écouter si ça pouvait les aider.
Je faisais ce que je pouvais, mais je finissais par savoir.
Comme d’habitude, Rosalie pensait à elle. Elle accrochait le regard de son profil dans n’importe quel miroir et se complaisait dans sa propre perfection. L’esprit de Rosalie était une étendue superficielle avec peu de surprises.
Emmett ruminait la perte d’un combat face à Jasper la nuit d’avant. Sa patience limitée fut mise à rude épreuve jusqu’à la fin de la journée car il souhaitait avoir sa revanche. Je ne me suis jamais senti gêné de pénétrer l’esprit d’Emmett car il n’avait jamais eu une pensée qu’il n’ait dite à voix haute ou qu’il n’ait mise en action. Peut-être que je me sentais coupable de lire dans l’esprit des autres car je savais qu’il y avait des choses qu’ils ne voulaient pas que je sache. Si l’esprit de Rosalie était une étendue superficielle, celui d’Emmett était un lac limpide et sans ombres.
Et Jasper… souffrait. Je retins un soupir.
« Edward » Alice prononça mon nom dans sa tête et eut aussitôt toute mon attention.
Ce fut comme si mon nom avait été prononcé à voix haute. J’étais heureux que mon prénom soit passé de mode, cela devenait ennuyeux car chaque fois que quelqu’un pensait à un Edward, ma tête se tournait vers lui automatiquement…
Mais ma tête ne bougea pas cette fois-ci. Alice et moi étions doués pour ce genre de conversations privées. Je gardai mon regard fixé sur les rainures du plâtre.
« Comment tient-il le coup ? » me demanda-t-elle.
Je fronçai les sourcils, un tressaillement sur ma bouche étant l’unique signe perceptible. Rien qui avertirait les autres. Je pouvais facilement me renfrogner d’ennui.
Le mental d’Alice était maintenant en état d’alerte et je pouvais voir dans sa tête qu’elle se focalisait sur Jasper dans une de ses visions. « Y’a-t-il un quelconque danger ? » Elle cherchait au-delà, dans le futur immédiat, fouillant dans ses différentes visions l’origine de mon tressaillement.
Je tournai lentement ma tête vers la gauche, comme si j’observais les briques du mur, soupirai, puis vers la droite, de retour sur les fêlures du plafond. Seule Alice avait compris que je secouais la tête en signe de dénégation.
Elle se détendit. « Dis-moi si ça va empirer. »
Je bougeai seulement mes yeux, de haut en bas, puis reprit ma position initiale.
« Merci d’avoir fait ça pour moi. »
J’étais heureux de ne pas pouvoir lui répondre à voix haute. Qu’aurais-je pu lui dire ? Ce fut un plaisir ? Ce serait difficile. Je ne me réjouissais pas d’écouter les doutes de Jasper. Etait-ce vraiment nécessaire d’en faire l’expérience ? N’était-ce pas plus facile d’admettre simplement qu’il ne pourrait pas être capable d’étancher sa soif comme nous le faisions et qu’il ne pourrait pas repousser ses limites ? Pourquoi prendre des risques ?
Cela faisait deux semaines que nous n’étions pas partis chasser. Ce n’était pas une période particulièrement difficile pour la plupart d’entre nous. Seulement un peu inconfortable, si par exemple un humain s’approchait trop près, ou si le vent soufflait dans la mauvaise direction. Mais les humains s’approchaient rarement. Leur instinct leur soufflait ce que leur esprit ne voudrait jamais entendre : nous étions dangereux.
Et Jasper était réellement dangereux à cet instant.
A ce moment-là, une fille s’arrêta à côté de la table voisine de la nôtre, afin de parler à un ami. Elle faisait bouger ses cheveux courts et blonds, enroulant des mèches autour de ses doigts. La climatisation renvoyait son odeur dans notre direction. J’étais habitué aux réactions que cela provoquait en moi : la gorge sèche, le trou béant dans mon estomac, la contraction instinctive de mes muscles, le flot de venin qui se déversait dans ma bouche…
Tout cela était assez banal, et facile à ignorer. Mais c’était plus difficile à cet instant précis, lorsque mes sensations sont renforcées alors que je surveillais la réaction de Jasper. Je sentais la soif de mon double, plutôt que la mienne.
Jasper laissait son imagination vagabonder. Il se représentait quittant le siège à côté d’Alice et se plaçant près de la jeune fille. Il se voyait se pencher vers elle comme s’il allait lui chuchoter des paroles à son oreille, et laissant ses lèvres se poser dans le creux de sa gorge. Il s’imaginait comment le flux chaud qui courait dans ses veines sous la fine peau allait passer dans sa bouche.
Je donnai un coup dans sa chaise.
Il croisa mon regard un instant, puis baissa les yeux. Je pouvais entendre la honte et la révolte se disputer dans sa tête.
« Désolé » murmura Jasper.
J’acquiesçai.
« Tu ne feras rien » lui murmura Alice, apaisant son chagrin, « Je l’ai vu »
Je retins une grimace qui aurait trahi son mensonge. Nous devions nous soutenir, Alice et moi. Ce n’était pas facile à supporter d’entendre des voix ou d’avoir des visions du futur.
Les deux phénomènes de foire parmi ceux qui l’étaient déjà. Nous protégions nos secrets de façon réciproque.
« Cela t’aiderait un peu si tu les considérais comme des personnes » suggéra Alice, sa voix aigue et musicale trop rapide pour que les oreilles humaines puissent comprendre ce qu’elle disait, si quelqu’un était assez proche pour écouter. « Elle s’appelle Whitney. Elle a une petite sœur qu’elle adore. Sa mère avait invité Esmée à sa fête, tu te souviens ? »
« Je sais qui elle est » dit brusquement Jasper. Il se tourna afin de regarder par la petite fenêtre qui se trouvait juste sous les gouttières de la salle. Son ton mit fin à la conversation.
Il voudrait chasser ce soir. C’était ridicule de vouloir prendre des risques ainsi, pour tester sa force et son endurance. Jasper devrait plutôt accepter ses limites et vivre avec. Ses anciennes habitudes n’étaient pas compatibles avec notre mode de vie ; il n’irait pas dans cette direction par lui-même.
Alice soupira intérieurement et se leva, prit son plateau de nourriture, intact, avec elle et le laissa seul. Elle savait lorsqu’il en avait assez de ses encouragements. Bien que Rosalie et Emmett furent plus démonstratifs dans leur relation, c’étaient Alice et Jasper qui se connaissaient l’un et l’autre mieux qu’eux-mêmes. Comme s’ils pouvaient aussi lire dans leurs esprits, mais juste entre eux.
Edward Cullen
Réaction instinctive. Je me tournai vers l’origine à l’appel de mon nom, alors qu’il n’avait pas été prononcé à voix haute mais juste pensé.
Mes yeux se fixèrent une fraction de seconde sur une paire d’yeux humains lointains, de couleur chocolat, dans un visage pâle en forme de cœur. Je connaissais ce visage, alors que je ne l’avais jamais vu moi-même avant cet instant. Elle était en première place dans chacun des esprits aujourd’hui. La nouvelle étudiante, Isabella Swan. La fille du chef de police de la ville, forcée à vivre ici et à être confrontée à cette nouvelle situation. Bella. Elle corrigeait quiconque utilisait son prénom entier…
Je détournai le regard, ennuyé. Cela me prit une seconde pour réaliser qu’elle n’était pas la seule à avoir pensé mon nom.
Bien évidemment, elle est déjà attirée par les Cullen. J’entendais encore la première personne de laquelle j’avais capté les pensées.
Je reconnaissais maintenant la voix. Jessica Stanley. Cela faisait un moment que je ne l’avais pas écoutée car elle m’ennuyait avec son monologue intérieur. Quel soulagement cela avait été lorsqu’elle avait surmonté son béguin mal placé. C’était pratiquement impossible d’échapper à ses fantasmes permanents et ridicules. Je souhaitais pouvoir lui expliquer ce qu’il se passerait exactement si mes lèvres, et mes dents qui se cachaient derrière, atteignaient n’importe quelle partie de son corps. Cela mettrait un terme à ses ennuyeux fantasmes. La pensée de sa réaction me ferait presque sourire.
Quelle perte de temps ! continua Jessica. Elle n’est même pas vraiment jolie. Je ne sais pas pourquoi Eric la dévore autant des yeux… ou Mike.
Elle se crispa mentalement à l’évocation de ce dernier prénom. Son nouveau béguin, le populaire Mike Newton, ne la remarquait pas. En revanche, il avait bien remarqué la nouvelle. Comme un enfant avec un objet brillant je répète. Cela restait en travers de la gorge de Jessica, alors qu’elle était ouvertement cordiale avec la nouvelle venue, lui racontant les histoires connues de tous concernant ma famille. La nouvelle étudiante avait du lui poser des questions à propos de nous.
Tout le monde me regarde également aujourd’hui pensa Jessica avec satisfaction. N’est-ce pas un heureux hasard que Bella ait 2 cours avec moi… Je parierai que Mike souhaitera me demander ce qu’elle…
J’essayais d’ôter ce monologue malsain de ma tête avant que la petitesse et la mesquinerie me rendent fou.
« Jessica Stanley est en train de déballer à la nouvelle fille Swan tout le linge sale du clan Cullen. » murmurai-je à l’intention de Jasper afin de le distraire.
Il rit sous cape. J’espère qu’elle le fait bien, pensa-t-il.
« Pas du tout imaginative en ce moment. Juste les plus petits scandales. Pas une once d’horreur. Je suis un peu déçu. »
Et la nouvelle ? Est-elle aussi déçue par ces potins ?
Je tentai d’écouter ce que Bella pensait de l’histoire de Jessica.
Qu’est-ce qu’elle voyait lorsqu’elle regardait cette étrange famille à la peau pâle qui affichait perpétuellement un air ennuyé ?
Cela faisait partie de ma responsabilité de connaître sa réaction. J’effectuai une surveillance, moins par souci du bien-être général que pour ma famille. Pour les protéger. Si jamais quelqu’un devenait suspicieux, je pouvais leur donner un avertissement très tôt ainsi qu’une retraite anticipée. Cela se produisait quelques fois, lorsqu’un humain quelconque avec une imagination débordante voulait voir en nous des personnages de romans ou de films. Ils se trompaient souvent, mais il était préférable de déménager dans un nouvel endroit plutôt que de courir le risque d’un examen minutieux. Très très rarement, quelqu’un devinait juste. Nous ne leur avions jamais donné la chance de tester leurs hypothèses. Nous disparaissions simplement, pour ne plus devenir qu’un souvenir effrayant…
Je n’entendais rien, bien que j’écoutai la voisine de Jessica qui continuait à faire jaillir son monologue interne frivole. C’était comme si personne n’était assis à côté d’elle. Comment était-ce possible ? Avait-elle changé de place ? Ca me semblait peu probable étant donné que Jessica continuait à lui débiter ses sornettes. Je me concentrai, un peu désorienté. Cherchant ce que mon pouvoir extra-sensoriel pouvait me dire. C’était la première fois que je faisais ça.
Mes yeux rencontrèrent une nouvelle fois les mêmes grands yeux marron. Elle était assise à la place où elle était auparavant, et nous regardait, chose naturelle je supposai, puisque Jessica continuait à la régaler de toutes les rumeurs du coin à propos des Cullen.
Penser à nous serait également naturel.
Mais je ne pouvais pas entendre un seul murmure.
Une rougeur tentatrice lui monta aux joues alors qu’elle baissa les yeux, à l’abri de la gaffe embarrassante d’avoir été surprise en train de dévisager un étranger. Heureusement que Jasper continuait à regarder par la fenêtre. Je ne voulais pas imaginer ce que ce sang facile à voir ferait à son self-control.
Les émotions qu’elle ressentait étaient aussi claires sur son visage que si elles avaient été marquées en toutes lettres sur son front : de la surprise, comme si elle avait assimilé inconsciemment les différences subtiles entre son esprit et le mien, de la curiosité, alors qu’elle écoutait les paroles de Jessica, et quelque chose de plus… de la fascination ? Ce n’était pas la première fois. Nous étions magnifiques à leurs yeux, nos proies. Puis, finalement, de l’embarras alors que je la surprenais en train de me fixer du regard.
Et même alors que ses pensées se reflétaient si facilement dans ses yeux profonds, je n’entendais rien à part le silence de l’endroit où elle était assise. Rien du tout.
J’éprouvai brusquement un sentiment de malaise.
Je n’avais jamais vécu ça auparavant. Est-ce que quelque chose n’allait pas avec moi ? Je me sentais comme d’habitude. Inquiet, je me concentrai davantage.
Toutes les voix que j’avais bloquées jaillirent immédiatement dans mon esprit.
…me demande ce qu’elle aime comme musique… je pourrai peut-être citer ce nouveau CD… Mike Newton était en train de réfléchir, 2 tables plus loin, les yeux fixés sur Bella.
Regardez comment il la fixe. Ce n’est pas suffisant qu’il ait déjà la moitié des filles de l’école qui lui courent après… Eric Yorkie avait des pensées désobligeantes, centrées également autour de la nouvelle.
… si dégoûtant. Comme si elle était célèbre ou quelque chose de ce genre… Même Edward Cullen la regarde. Lauren Mallory était tellement jalouse que son visage était devenu vert. Et Jessica qui s’affiche avec sa nouvelle meilleure amie. Quelle blague… Le venin continuait à se répandre des pensées de ses pensées.
Je parie que tout le monde lui a déjà demandé. Mais j’aimerais tellement lui parler. Je pense qu’une question, plus originale… pensait Ashley Downing.
… elle sera peut-être en espagnol…espérait June Richardson.
… des tonnes de choses à faire ce soir ! De la trigonométrie et un examen d’anglais. J’espère que maman… Angela Weber, une gentille fille, dont les pensées étaient calmes par rapport aux autres, était la seule de la table à ne pas être obsédée par Bella.
Je pouvais tous les entendre, toutes les choses insignifiantes qu’ils pensaient alors que cela traversait leurs esprits. Mais rien de la part de la nouvelle aux yeux trompeusement expressifs.
Bien sur, je pouvais entendre ce que la fille disait lorsqu’elle parlait à Jessica. Je n’avais pas à lire dans les esprits pour entendre sa voix claire et profonde de l’autre côté de la salle.
« Qui est le garçon avec les cheveux bruns ? » Je l’entendais parler, jetant un regard vers moi du coin de l’œil, détournant le regard rapidement lorsqu’elle constata que je la fixai toujours.
Si j’espérais qu'entendre le son de sa voix pourrait m’aider à m’indiquer exactement le cours de ses pensées qui étaient perdues quelque part où je ne pouvais pas les atteindre, je déchantai rapidement. D’habitude, les pensées des gens arrivaient à eux dans un même mouvement que leur voix. Mais cette voix douce et tranquille ne m’était pas familière et ne faisait pas partie des centaines de pensées qui remplissaient la pièce, j’étais certain de cela. Totalement nouvelle.
Oh, bonne chance idiote ! Jessica réfléchissait avant de répondre à la question de la fille. « C’est Edward. Il est canon bien sûr mais ne perds pas ton temps. Il ne drague pas. Apparemment, aucune des filles présentes n’est assez bien pour lui. » Jessica renifla.
Je détournai la tête afin de dissimuler mon sourire. Jessica et ses camarades de classe n’avaient aucune idée de quelle chance elles avaient qu’aucune d’entre elles ne me plaise en particulier.
Derrière ce trait d’humour fugitif, je ressentis une émotion étrange, que je ne pouvais pas m’expliquer. Cela avait un rapport avec les pensées viciées de Jessica qu’ignoraient la nouvelle… Je ressentis le besoin urgent de m’interposer entre elles, de protéger cette Bella Swan des sombres desseins de l’esprit de Jessica. Quelle étrange sensation. Tentant de trouver une explication à cette impulsion, j’observai la nouvelle une fois encore.
Peut-être était-ce une sorte d’instinct protecteur trop longtemps enfoui, le fort envers le faible. Cette fille semblait plus fragile que ses camarades. Sa peau était si translucide qu’il était difficile de croire qu’elle lui offrait une bonne défense contre le monde extérieur. Je pouvais voir la pulsation en rythme de son sang à travers ses veines sous sa peau claire et transparente… Mais je ne devrais pas me concentrer sur ça. J’étais doué pour cette vie que j’avais choisie, mais j’étais aussi assoiffé que Jasper et il n’y avait rien à prendre dans cette invitation si tentante.
Il y avait un léger pli entre ses sourcils dont elle n’avait pas conscience.
C’était incroyablement frustrant ! Je pouvais clairement voir que cela lui demandait un effort d’être assise là-bas, de devoir faire la conversation avec des étrangers, d’être au centre de l’attention. Je pouvais sentir sa timidité à travers la manière dont elle courbait ses frêles épaules légèrement voûtées, comme si elle s’attendait à une rebuffade à tout moment. Et je pouvais seulement le sentir, le voir, l’imaginer. Il n’y avait rien à part le silence de cette fille tellement banale. Je ne pouvais rien entendre. Pourquoi ?
« On y va ? » murmura Rosalie, interrompant ma réflexion.
Je me détournai de la fille, soulagé. Je ne voulais pas continuer à échouer sur ce sujet, cela m’irritait.
A suivre...