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Le monde de Francesca
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16 février 2008

Traduction du chapitre 4 (complet)

Le texte entier appartient à Stephenie Meyer.

Chapitre 4 – Rêve

Il fait trop sombre pour faire aussi chaud, ou trop chaud pour faire aussi sombre. L’un des 2 aspects n’est pas à sa place.

Je m’accroupis dans l’obscurité derrière la fragile protection d’un désert, l’eau quittant mon corps par tous les pores. Cela faisait 15 minutes que la voiture avait quitté le garage. Aucune lumière ne s’allume. La porte est ouverte de quelques centimètres, laissant la climatisation faire son travail. Je peux imaginer la sensation de l’humidité l’air frais soufflant à travers l’écran. J’espère que cela va arriver jusqu’à moi.

Mon estomac gargouille et je serre mes muscles abdominaux pour étouffer le bruit. C’est assez calme pour qu’un murmure résonne.

J’ai tellement faim.

Il n’y a aucun besoin qui soit aussi fort, aucun autre qu’un estomac affamé, dissimulé au loin dans la pénombre, attendant seul dans la cave qui est notre demeure temporaire. Un endroit exigu, tapissé de pierres volcaniques. Qu’est-ce qu’il fera si je ne revenais pas ? Toute la pression de la maternité sans aucune connaissance ou expérience. Jamie a faim.

Il n’y a pas d’autres maisons proches de celle-ci. J’avais regardé depuis que le soleil était haut dans le ciel, et je ne pense pas qu’il y ait un chien. Je me relève, mes mollets hurlant en signe de protestation, mais je garde le dos voûté, tentant de me faire plus petite que la brousse. Tout n’est que sable, une pâle voie dans la lumière des étoiles. Il n’y a pas de bruit de voitures sur la route.

Je sais ce qu’ils découvriront lorsqu’ils reviendront, les monstres qui ressemblent à un couple sympathique à l’approche de la cinquantaine. Ils sauront exactement qui je suis, et la recherche débutera. J’ai besoin de m’éloigner. J’espère vraiment qu’ils quittent la ville pour la nuit. Je pense que c’est vendredi. Ils gardent leurs vêtements de manière si impeccable, c’est difficile de voir la différence. C’est comme ça qu’ils ont remporté la première victoire.

La clôture de la cour est seulement à hauteur de la taille. J’y arrive facilement, sans bruit. La cour est parsemée de graviers néanmoins, et je dois marcher précautionneusement pour ne pas les faire glisser. Je continue jusqu’aux dalles du patio.

Les stores sont ouverts. La lumière du jour est suffisante pour voir que les chambres étaient vides. Le couple penche pour une décoration spartiate et j’en suis reconnaissante. C’est plus difficile pour quelqu’un de se cacher. Bien sur, ça ne me laissait pas de place pour me cacher, soit, mais si je dois me cacher, ce sera trop tard de toute façon.

Je relève tout d’abord les stores, puis les portes fenêtres. Tous deux coulissent silencieusement. Je place mon pied doucement sur le carrelage, mais ce n’est pas nécessaire. Personne ne m’attend ici.

L’air frais ressemble au paradis.

La cuisine est sur ma gauche. Je pouvais voir l’éclat des comptoirs en granite.

Je mets mon cabas sur mon épaule et je commence par le réfrigérateur. Il y a un moment d’anxiété lorsque la lumière s’allume avec l’ouverture de la porte, mais je trouve le bouton et j’appuie dessus avec mon orteil. Mes yeux ne distinguent plus rien. Je n’ai pas le temps de les laisser s’accoutumer. J’y vais au feeling.

Lait, tranches de fromage, restes dans un bol en plastique. J’espère que c’est le poulet au riz que je l’ai vu cuisiner pour le diner. Nous le mangerons ce soir.

Du jus de fruits, un sac de pommes. Des petites carottes. Elles tiendront jusqu’au matin.

Je me précipite vers l’armoire. J’ai besoin de nourritures qui dureront longtemps. Je peux voir que je peux emporter davantage que ce que je peux porter. Mmm des cookies aux pépites de chocolat. Je meurs d’envie d’ouvrir le paquet dès maintenant, mais je serre les dents et j’ignore les soubresauts de mon estomac vide.

Le sac se remplit trop rapidement. Cela nous durera seulement une semaine, même si nous y faisons attention. Et je ne me sens pas d’humeur à faire attention, j’ai envie de dévorer. Je mets des barres de céréales dans mes poches.

Une chose encore. Je me précipite vers l’évier et j’ouvre le robinet. Puis je mets ma tête sous le jet et but penchée sur le filet d’eau. L’eau fait des bruits étranges lorsqu’elle résonne dans mon estomac creux.

Je commence à paniquer maintenant que mon travail est terminé. Je veux sortir d’ici. La civilisation est morte.

Je regarde le sol vers la sortie, inquiète à l’idée de me déplacer avec mon sac alourdi, c’est pourquoi je ne vois pas la silhouette sur le patio jusqu’à ce que ma main soit sur la poignée de la porte.

J’entends son murmure en même temps qu’un stupide cri de peur s’échappe de ma bouche. Je cours vers la porte d’entrée, espérant que les verrous ne soient pas verrouillés, ou du moins qu’ils ne soient pas récalcitrants.

Je n’ai pas fait deux pas que des mains rugueuses attrapent mes épaules et m’attire contre son corps. Trop grand, trop fort pour que ce soit une femme. La voix basse me prouve que j’ai raison.

« Un bruit et tu es morte. » me menace-t-il brusquement. Je suis choquée de sentir une lame fine et tranchante contre la peau sous ma mâchoire.

Je ne comprends pas. On ne me donne pas le choix. Qui est ce monstre ? Je n’avais jamais entendu parler de quelqu’un qui voulait briser les règles. Je réponds de la seule manière que je peux.

« Fais le. » dis-je entre mes dents. « Fais le. Je ne veux pas être un parasite. »

J’attends  le coup de couteau et mon cœur tambourine. Chaque battement a un nom. Jamie, Jamie, Jamie. Qu’est-ce qu’il t’arrivera désormais ?

« Intelligent » murmure l’homme, et ça ne sonne pas comme s’il s’adressait à moi. « Ca doit être un Traqueur. Ce qui signifie un piège. Comment l’ont-ils su ? » La lame disparait de ma gorge, seulement remplacée par une main aussi dure que du fer.

Je peux difficilement respirer sous cette poigne.

« Où sont les autres ? » me demande-t-il, me pressant.

« Il n’y a que moi. » Je ne peux pas le mener jusqu’à Jamie. Que fera Jamie si je ne reviens pas ? Jamie a faim !

Je jette mon coude dans son estomac, et ça fait vraiment mal. Les muscles de son estomac sont aussi durs que sa main. Ce qui est vraiment étrange. Comme si les muscles sont le produit d’une dure existence ou d’une obsession, et ce ne sont pas des parasites.

Il n’a même pas la respiration coupée à la suite de mon coup. Désespérée, j’enfonce mon talon dans son pied. Cela le prend au dépourvu et il vacille.

Je me tourne violemment mais il s’agrippe à mon sac, m’attirant contre son corps. Sa main serre à nouveau ma gorge.

« De mauvaise humeur pour un corps adorable de voleuse, n’est-ce pas ? »

Ses mots n’ont pas de sens. Je pensais que les aliens étaient tous les mêmes. Je suppose qu’ils ont également leurs hommes de main stupides, après tout.

Je bouge et le griffe, essayant de rompre sa prise. Mes ongles attrapent son bras, mais ça lui fait juste resserrer sa prise sur ma gorge.

« Je te tuerai, toi, corps de voleur sans valeur. Je ne bluffe pas. »

« Fais le alors ! »

Soudain, il halète, et je me demande si un de mes membres fouettant l’air ne l’aurait pas touché. Je ne sens aucun coup.

Il retire mon bras et agrippe mes cheveux. Ce doit être cela. Il va me trancher la gorge. Je sens la lame du couteau s’appuyer dessus.

Mais la main sur ma gorge s’assouplit, puis ses doigts se promènent sur le bas de ma nuque, durs et chauds sur ma peau.

« Impossible » souffle-t-il.

Quelque chose tombe sur le sol avec un bruit sourd. Il a laissé tomber son couteau ? J’essaie de réfléchir à un moyen de l’attraper. Peut-être en tombant. La main dans mes cheveux n’est pas assez ferme pour que je puisse me libérer. Je pense avoir entendu la lame tomber.

Il me retourne soudainement. Il y a un claquement et la lumière aveugle mes yeux. J’ai un hoquet et j’essaie instinctivement de me soustraire à cela. Sa main se referma dans mes cheveux. La lumière clignote dans mon œil droit.

« Je n’y crois pas. » chuchote-t-il. « Tu es toujours humaine. »

Ses mains encadrent mon visage des deux côtés, et avant que je puisse me libérer, ses lèvres viennent s’appuyer durement sur les miennes.

Je me fige pendant une demi-seconde. Personne ne m’avait jamais embrassé de toute ma vie. Pas de vrai baiser. Juste des bisous de mes parents sur la joue ou le front, il y a tellement d’années auparavant. C’est quelque chose que je pensais ne jamais ressentir. Quoique je ne sois pas certaine de savoir à quoi cela ressemble. Il y a trop de panique, trop de terreur, trop d’adrénaline.

Je lance mon genou dans un mouvement brusque.

Il émet un sifflement et je suis libre. Au lieu de courir vers le devant de la maison comme il s’y attend, je passe sous son bras et je bondis vers la porte ouverte. Je pense que je peux courir plus vite que lui, même avec mon fardeau. J’ai une tête d’avance, et il émet encore des sons douloureux. Je sais où je vais, je n’irai pas dans un chemin qu’il peu voir dans l’obscurité. Je n’ai jamais laissé tomber de la nourriture, et c’est bien. Néanmoins, je pense que les barres de céréales sont perdues.

« Attends ! » me lance-t-il.

La ferme, je pense, mais je ne lui réponds pas.

Il court après moi. Je peux entendre sa voix se rapprocher de moi.  « Je ne suis pas l’un d’entre eux ! »

Bien sûr. Je garde mes yeux sur le sable et j’accélère. Mon père avait coutume de dire que je courais comme un guépard. J’étais la plus rapide de mon équipe de course, une championne nationale, bien avant la fin du monde.

« Écoute-moi ! » hurle-t’il toujours à pleins poumons. « Regarde. Je te le prouverai. Arrête-toi juste et regarde-moi ! »

Peu probable. Je me décale et je disparais à travers les arbustes.

« Je ne pensais pas qu’il restait quelqu’un ! S’il te plait, j’ai besoin de te parler ! »

Sa voix me surprend, elle est trop proche.

« Je suis désolé de t’avoir embrassé. C’était stupide. C’est que j’ai été seul trop longtemps ! »

« La ferme ! » Je ne le dis pas fort, mais je sais qu’il entend. Il se rapproche même. Je n’avais jamais été dépassée autrefois. Je pousse mes jambes plus durement.

Il y a un grognement dans sa respiration lorsqu’il accélère aussi.

Quelque chose de grand vole derrière moi et je chute. Je sens la saleté dans ma bouche et je suis clouée par quelque chose de tellement lourd que je peux à peine respirer.

« Attends. Une. Minutes. «  souffle-t-il.

Il se déplace et me retourne. Il me chevauche, bloquant mes bras sous ses jambes. Il s’intéresse à ma nourriture. Je gronde et tente de me dégager de lui.

« Regarde, regarde, regarde ! » me dit-il. Il tire un petit cylindre de sa poche et dévisse le haut. Un rayon de lumière jaillit de l’extrémité.

Il tourne le faisceau sur son visage.

La lumière rend sa peau jaune. Elle découvre des joues saillantes de part et d’autre d’un nez long et fin et une mâchoire sévère et décidée. Ses lèvres sont étirées par une grimace, mais je peux voir qu’elles sont pleines, pour un homme. Ses sourcils et ses cils sont décolorés par le soleil.

Mais ce n’est pas ce qu’il est en train de me montrer.

Ses yeux, d’un brun clair et liquide à la lumière, brillent comme n’importe quel humain. Il passe la lumière de gauche à droite.

« Tu vois ? Tu vois ? Je suis comme toi. »

« Laisse-moi voir ta nuque. » La suspicion est perceptible dans ma voix. Je ne me laisserai pas avoir par une ruse. Je ne sais pas où est le piège, mais je suis sûre qu’il y en a un. Il n’y a plus d’espoir nulle part.

Ses lèvres tressaillent. « Et bien… Ca ne servirait pas à grand-chose en fait. Est-ce que les yeux ne sont pas suffisants ?  Tu sais que je ne suis pas l’un d’entre eux. »

« Pourquoi ne voudrais-tu pas me montrer ta nuque ? »

« Parce que j’ai une cicatrice à cet endroit. » admet-il.

J’essaie encore une fois de me dégager, et ses mains immobilisent mon épaule.

« C’est de l’automutilation »  explique-t-il. « Je pense que j’ai fait un bon travail, alors que ça fait un mal de chien. Je n’ai pas les cheveux nécessaires pour couvrir ma nuque. La cicatrice me permet de le faire. »

« Laisse-moi partir. »

Il hésite, puis ramène son pied dans un mouvement aisé, sans avoir besoin d’utiliser ses mains. Il lève sa paume vers moi.

« Ne t’enfuis pas s’il te plait. Et, euh… je préférerai que tu ne me frappe pas encore. »

Je ne bouge pas. Je sais qu’il peut m’attraper qi j’essaie de m’enfuir.

« Qui es-tu ? » je chuchote.

Il sourit largement. « Mon nom est Jared Howe. Je n’ai pas parlé à un autre être humain depuis plus de deux ans, donc je suis sur que je dois paraître… un peu bizarre pour toi. S’il te plait, pardonne-moi et dis moi comment tu t’appelles. »

« Melanie » je chuchote.

« Melanie » répète-t-il. « Je ne peux pas te dire à quel point je suis ravi de te rencontrer. »

J’agrippe mon sac plus fermement, gardant mes yeux fixés sur lui. Il me tend la main lentement.

Et je la prends.

C’est lorsque je vois ma main prendre la sienne volontairement que je réalise que je le crois.

Il m’aide à me relever et ne lâche pas ma main lorsque je suis debout.

« Et maintenant ? » dis-je avec précaution.

« Et bien, nous ne pouvons pas rester ici très longtemps. Veux-tu retourner dans cette maison avec moi ? J’ai laissé mon sac. Tu m’as frappé près du réfrigérateur. »

Je secoue la tête.

Il semble réaliser à quel point je suis fragile, proche de la rupture.

« M’attendras-tu ici alors ? » me dit-il gentiment. « Je serai vraiment rapide. Laisse-moi nous prendre plus de nourriture. »

« Nous ? »

« Penses-tu vraiment que je vais te laisser disparaitre ? Je te suivrai même si tu ne me le demandes pas. »

Je ne veux pas disparaitre de sa vue.

« Je… » Comment puis-je ne pas faire totalement confiance à un autre humain ? Nous sommes de la même famille, tous deux de la fratrie éteinte. « Je n’ai pas le temps. J’ai encore un long chemin à faire et… Jamie m’attend. »

« Tu n’es pas seule. » réalise-t-il. Son expression semble incertaine pour la première fois.

« Mon frère. Il a seulement 9 ans et il est tellement effrayé lorsque je m’en vais. Ca va me prendre la moitié de la nuit pour retourner auprès de lui. Il ne saura pas si j’ai été capturée. Il a tellement faim. » Comme si c’est fait exprès, mon estomac grogne fortement.

Le sourire de Jared revient, plus brillant qu’avant. « Est-ce que ça t’aiderait si je te donnais un moyen de transport ? »

« Un moyen de transport ? » je répète.

« Je te propose un marché. Tu attends ici pendant que je ramasse plus de nourriture et je t’emmènerai où tu veux aller dans ma jeep. Ca va plus vite que de courir, même plus vite que toi en train de courir. »

« Tu as une voiture ? »

« Bien sûr. Penses-tu que j’ai marché jusqu’ici ? »

Je pense aux 6 heures que ça m’a pris pour venir ici et mon front se plisse.

« Nous retournerons auprès de ton frère en un rien de temps. » me promet-il. « Ne bouge pas de cet endroit, ok ? »

J’acquiesce.

«  Et mange quelque chose s’il te plait. Je ne veux pas que ton estomac nous fasse repérer. »

Il fait une grimace et ses yeux se plissent, des petites rides dans les coins. Mon cœur a un soubresaut et je sais que je l’attendrai ici même si cela lui prenait toute la nuit.

Il tient encore ma main. Il s’éloigne lentement, ses yeux ne quittant pas les miens. Il fait un pas en arrière puis s’arrête.

« Ne me frappe pas, s’il te plait. » me supplie-t-il, se penchant en avant et prenant mon menton.

Il m’embrasse encore, et cette fois je le sens. Ses lèvres sont plus douces que ses mains, et brûlantes, même dans ce désert chaud nocturne. Une nuée de papillons s’agite dans mon estomac et me coupe le souffle. Mes mains l’attrapèrent instinctivement. Je touche la peau tiède de sa joue, les cheveux drus de sa nuque. Mes doigts s’attardent sur une ligne de peau plissée, une rainure saillante sous la racine des cheveux.

Je crie.

Je me réveillai en sueur. Même avant d’être éveillée, mes doigts se trouvaient sur le bas de ma nuque, suivant la ligne due à l’insertion.  Je pouvais à peine détecter la cicatrice rose pâle avec mes doigts. Les médicaments que le Guérisseur avait utilisés avaient fait leur travail.

La pauvre cicatrice soignée de Jared  n’avait jamais été rien d’autre qu’un déguisement.

Je tapotai sur la lumière près de mon lit, attendant que ma respiration se clame, les veines pleines d’adrénaline à cause du rêve plus vrai que nature.

Un nouveau rêve, mais en substance les mêmes que les multiples autres qui m’ont harcelé depuis 7 mois.

Non, pas un rêve. Sûrement un souvenir.

Je pouvais encore sentir la chaleur des lèvres de Jared sur les miennes. Mes mains jaillirent sans ma permission, cherchant la feuille froissée, cherchant quelque chose qu’elles ne trouvaient pas. Mon cœur me fit mal lorsqu’elles abandonnèrent, retombant sur le lit mollement et vides.

Je fus aveuglée par l’humidité non voulue de mes yeux. Je ne savais pas combien de temps je pouvais encore tenir. Comment quelqu’un pouvait survivre dans ce monde, avec ces corps dont les mémoires ne voulaient pas rester dans le passé comme elles devraient l’être ? Avec ces émotions qui étaient trop fortes, comment pourrais-je dire que je ne sentais rien du tout ?

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