5 Extraits du Baiser de l'Ombre (tome 3 de VA)
Le premier exemplaire définitif du Baiser de l'ombre a été dévoilé sur le blog de Castelmore!


1/ "Lissa disait souvent qu'elle aimerait ressentir mon esprit et mon vécu comme je ressentais les siens. En vérité, elle ne mesurait pas sa chance. Elle n'avait pas la moindre idée de ce que l'on éprouvait lorsque les pensées de quelqu'un d'autre s'immisçaient dans votre tête et que ses expériences de vie se confondaient avec les vôtres. Elle ignorait ce que c'était de vivre la parfaite histoire d'amour d'une autre lorsqu'on n'en avait aucune soi-même. Elle ne comprenait pas que cela revenait à être submergée par un amour si passionné qu'il vous oppressait la poitrine, sauf qu'on ne pouvait que ressentir cet amour et jamais l'exprimer. J'avais ainsi appris que le refouler coûtait autant d'efforts que de réprimer la colère. Cela vous dévorait de l'intérieur jusqu'à vous donner envie de hurler ou de cogner sur quelque chose."
2/ "Une voix s'éleva derrière moi :
— Es-tu somnambule ?
Je sursautai et fis volte-face. Dimitri m'observait d'un air à la fois amusé et curieux. Il fallait donc que ce soit la source de mes problèmes qui me découvre alors même que j'enrageais sur l'injustice de ma vie amoureuse… Je ne l'avais pas entendu approcher. Mes talents de ninja en prenaient un coup. Et, sincèrement, est-ce que ça m'aurait tuée de me servir d'une brosse à cheveux avant de sortir ? Je m'empressai de passer mes doigts dans mes longues mèches en sachant très bien que c'était un peu tard. J'avais sans doute l'air d'avoir un animal mort posé sur la tête.
— Je mettais la sécurité du dortoir à l'épreuve, déclarai-je. Elle craint.
L'esquisse d'un sourire se dessina sur ses lèvres. Commençant à être vraiment transie de froid, je ne pus m'empêcher de remarquer à quel point son long manteau de cuir semblait chaud. M'y blottir ne m'aurait pas dérangée plus que ça.
— Tu dois être gelée, remarqua-t-il comme s'il avait lu dans mon esprit. Veux-tu mon manteau ?
Je secouai la tête en préférant garder pour moi le fait que je ne sentais déjà plus mes pieds."
Extrait n°2 (chapitre 2)
C'était le grand jour : le début de notre exercice de terrain.
Durant les six semaines suivantes, je n'aurais plus aucun cours. J'allais passer toutes mes journées à traîner avec Lissa et je n'aurais rien d'autre à faire qu'un rapport quotidien d'environ une demi-page. Facile. Bien sûr, j'assurerais la fonction de gardien mais je n'étais pas inquiète. C'était une seconde nature chez moi. Lissa et moi avions vécu pendant deux ans parmi les humains, période durant laquelle je l'avais protégée nuit et jour. Avant cela, lorsque j'étais en seconde, j'avais vu à quel genre d'épreuves les gardiens adultes soumettaient les novices pendant cette phase. Elles étaient difficiles, c'était incontestable. Les novices devaient se montrer vigilants et ne jamais relâcher leur attention. Ils devaient toujours être prêts à se défendre ou à attaquer si nécessaire. À vrai dire, je ne m'en souciais guère. Lissa et moi avions été absentes de l'académie pendant deux ans, ce qui m'avait fait prendre du retard, mais j'avais rapidement rattrapé le niveau des autres grâce à mes entraînements supplémentaires avec Dimitri et j'étais à présent l'une des meilleures élèves de ma classe.
Extrait n°3 (chapitre 5)
Soudain, Dimitri se retrouva juste derrière moi sans que je l'aie entendu arriver. Il posa une main sur mon épaule qui me pétrifia devant la porte. Il ne me toucha pas ailleurs et n'essaya pas de m'attirer contre lui. Pourtant, cette main sur mon épaule me parut la chose la plus puissante du monde.
— Rose... (Je compris à son ton qu'il ne souriait plus)... je ne comprends pas pourquoi tu mens, mais je sais que tu ne le ferais pas sans une bonne raison. Si quelque chose ne va pas... quelque chose dont tu aurais peur de parler aux autres...
Extrait n°4 (chapitre 7) ADRIAN!!!!!!!!!
— Tu ne devrais pas dénigrer l'arbre généalogique des Moroï. Tu ne sais rien sur ton père. Il se pourrait bien que nous soyons cousins...
— Me laisserais-tu tranquille, si c'était le cas ?
Il revint vers moi et poursuivit son idée comme s'il n'avait pas entendu ma question.
— Non, ne t'inquiète pas. Je ne pense pas que nous soyons apparentés. Ton père n'est-il pas censé être turc, d'ailleurs ?
— Oui, d'après ma... Eh ! Es-tu en train de mater mes seins ?
Il m'observait attentivement, mais ses yeux n'étaient pas braqués sur mon visage. Je croisai les bras sur ma poitrine et lui jetai un regard furieux.
— Je regarde ton débardeur... la couleur ne va pas.
Il tendit la main pour effleurer une bretelle. Comme une feuille de papier qui s'imprégnerait d'encre, le tissu blanc vira au bleu indigo. Puis il plissa les yeux à la manière d'un artiste qui examinerait son œuvre.
— Comment as-tu fait cela ? m'exclamai-je.
— C'est mon rêve... Non. Tu n'es pas le genre de personne à porter du bleu. Essayons ça. (Le bleu se transforma en un cramoisi lumineux.) C'est ça. C'est le rouge, ta couleur. Rouge comme une rose, comme une douce Rose...
— Mon Dieu ! Je ne savais pas que tu pouvais virer cinglé même pendant tes rêves...
Il n'était jamais aussi inquiétant et aussi déprimé que Lissa l'avait été l'année précédente, mais l'esprit avait tendance à le rendre vraiment bizarre, de temps en temps.
Il recula en écartant les bras.
— Je suis toujours fou quand je suis près de toi, Rose. Allez ! Je vais t'improviser un poème.
Il rejeta sa tête en arrière et se mit à déclamer vers le ciel.
— « Rose est en rouge
Jamais en bleu,
Acérée comme une épine
Et se battant comme elle. »
Adrian laissa retomber ses bras et posa sur moi un regard plein d'expectative.
— Comment une épine peut-elle se battre ? lui demandai-je.
Il secoua la tête.
— L'art n'a pas besoin d'avoir du sens, petite dhampir. et puis, je suis cinglé, non ?
— Je t'ai déjà vu faire mieux.
— Je vais essayer de progresser, répondit-il en s'éloignant pour aller observer un hortensia.
Extrait n°5 (chapitre 9)
L'expression de Jill devint hésitante.
— Par contre, je ne sais pas quoi penser de l'autre histoire.
— Quelle autre histoire ?
— Celle d'après laquelle Adrian Ivashkov et toi êtes...
— Non, l'interrompis-je pour ne pas entendre la suite. Quoi que tu aies pu entendre, c'est faux.
— Mais c'était vraiment romantique...
— Alors je suis sûre que c'est faux.
Elle parut déçue pendant quelques secondes, puis recouvra son enthousiasme.
A noter que le tome 4 de Vampire Academy (Blood Promise en VO) sortira en mai 2011 en France!