La fille de ma meilleure amie, Dorothy Koomson

Présentation de l'éditeur
Quand votre ex-meilleure amie vous demande l'impossible... Un roman émouvant et drôle sur la profondeur et la complexité de l'amitié féminine.
À trente-deux ans, Kamryn Matika est une assistante marketing énergique et sans complexes à qui tout réussit... En apparence, du moins. En réalité, elle ne s'est jamais remise de la trahison d'Adele, celle qui fut sa meilleure amie au lycée quand tous les autres se moquaient d'elle pour ses rondeurs un peu trop généreuses. Or un soir, champagne aidant, Adele a passé la nuit avec Nate, le fiancé de Kamryn. Depuis, les deux jeunes femmes ne se sont plus jamais parlé. C'est pourquoi Kamryn tombe des nues quand Adele reprend contact. Atteinte d'une leucémie à un stade avancé, Adele sait que ses jours sont comptés. Sa dernière requête est de taille : elle souhaite confier à Kamryn sa petite fille de cinq ans, Tegan... Eberluée, Kamryn s'apprête à refuser. Mais a-t-elle le choix ?
Mon avis
J'ai eu la chance de lire un magnifique livre sur l'amitié, la trahison et finalement le pardon.
Le jour de ses 32 ans, Kamryn reçoit une lettre d'Adèle qui lui révèle qu'elle est mourante et qu'elle souhaite que Kamryn adopte Tegan, sa petite fille de 5 ans. Kamryn hésite car Adèle était sa meilleure amie avant qu'elle apprenne, deux mois avant son mariage, que son fiancé, Nate, l'avait trompé avec Adèle, et que de cette tromperie était née Tegan...
Autant vous prévenir tout de suite, les 150 premières pages peuvent donner envie de pleurer et de s'indigner sur tous les malheurs qui s'abattent sur ces personnages. Tous les thèmes de souffrance tombent en même temps : la tromperie, la trahison, la culpabilité, la maltraitance, la maladie et la mort! Je sais, ça fait beaucoup mais cela permet de planter le décor.
Peu à peu, l'histoire démarre et on se retrouve entraîné avec Kamryn, la narratrice de l'histoire (le roman est écrit à la première personne) et on s'interroge avec elle sur ses remords de n'avoir pas pu pardonner à Adèle, ses doutes quant à sa capacité d'élever Tegan alors qu'elle ne souhaite pas avoir d'enfant, et ses sentiments envers Nate qui revient dans sa vie.
Pour compliquer un peu les choses, elle rencontre Luke, son nouveau patron, qui commence par la détester et la trouve grosse alors que les choses s'améliorent entre eux (il lui dit : Vous avez un sourire magnifique. Et si vous perdiez quelques kilos en plus... le mufle! ). Bref, je ne l'ai pas trouvé vraiment sympathique après cette malheureuse intervention même s'il s'en excusera par la suite.
Voici donc un triangle amoureux qui ne sait pas trop qui aime qui, chacun ayant quelqu'un d'autre de son côté : c'est compliqué et on pourrait se dire par exemple que Kamryn ne sait pas ce qu'elle veut lorsqu'elle hésite entre Nate et Luke, mais c'est cela qui les rend justement très humains puisqu'ils sont imparfaits dans leurs sentiments et leurs actions, bien loin des situations stéréotypées des J'ai Lu ou Harlequin.
Les personnages évoluent en perpétuelle hésitation et interrogation sur les choses à faire et les décisions à prendre. Chacun fait des erreurs mais cela ne les rend que plus attachants.
L'héroïne est une noire qui va adopter une petite fille blanche, ce qui suscite des réactions prouvant que le racisme est présent partout jusque dans les petites choses de la vie quotidienne (à lire la scène dans le supermarché que j'ai vraiment trouvée cruelle de ce point de vue). Je trouve un peu dommage que l'auteur n'ait pas traité ce point de manière plus développée.
L'épilogue est tout aussi en nuance même s'il est un peu précipité. Tout n'est pas réglé à la fin, comme dans la vie où il n'y a pas de conclusion irrémédiable.
Pour moi, la personne que j'ai le plus aimé est l'adorable petite Tegan qui perd sa mère mais qui arrive à surmonter ces épreuves et à garder une certaine innocence et une joie de vivre fantastiques malgré des coups de blues bien justifiés.
L'auteur raconte son histoire avec intelligence, pudeur et émotion, sans verser dans le mélo et sans caricaturer ses personnages.